Antonella Baccaro (photo de Carlo Furgeri Gilbert).
“Jvous qui écrivez sur un féminin, que pensez-vous duL’interview par Elly Schlein un Vogue, celui du coloriste ? ».
Dans cette question qui m’a été posée un nombre incalculable de fois ces dernières semaines, coexistent deux erreurs de perspective contre lesquelles j’ai maintes fois songé à réagir en opposant le meilleur de mes sourires. Mais n’ayant pas l’instinct troublant d’Elly, j’ai combattu ma fureur et me suis armé d’arguments pour dissiper les malentendus.
Ce journal, comme Vogueconserve le noble titre de féminin. Noble, parce que les journaux nés pour les lectrices ont toujours rempli, plus ou moins légèrement, la tâche historique de détecter les modes et de les anticiper.
Les modes entendues comme les modes de vie, les attitudes, les intérêts, les ambitions, les espoirs, les réalisations, les défaites des femmes.
En feuilletant les femmes dans l’ordre chronologique, vous remarquerez que rien n’a échappé aux nombreux changements qui se sont produits dans la vie des femmes et nombreuses ont été et sont encore les batailles menées pour leur affirmation.
Cependant, le terme “féminin” est limitatif, considérant que ce journal, par exemple, a maintenant des lecteurs de tous genrescomme je peux le voir dans les lettres qui arrivent dans cette section.
Le deuxième malentendu concerne l’interview de Schlein, que j’ai couru lire et que je trouve un beau portrait tous azimuts qui m’a donné l’occasion de me faire une idée de qui est le nouveau secrétaire du Parti démocrate. En le lisant en entier, cette mention du jeu de couleurs disparaît parmi les curiosités. Alors pourquoi tant de bruit ?
Parce qu’en Italie un dirigeant de gauche n’a pas encore passé le test du paupérisme: s’habiller modestement, ne pas avoir de bonne, partir en vacances dans un lieu modeste.
Elly Schlein invitée à « Stasera C’è Cattelan » (photo Getty Images)
Tout cela alors que désormais l’aspiration à vivre une vie confortable, et pas seulement à survivre, est typique de toute classe sociale et que beaucoup de choses changent, à commencer par le monde du travail, dans lequel en avoir un ne suffit plus : on cherche pour un travail qui plaît, qui contemple notre côté le plus humain.
Pour ceux qui n’ont pas compris cela, il ne reste plus qu’à s’en tenir aux formalismes et sympathiser avec le prochain chef qui, en respectant toutes les conventions, saura le tromper. Voeux.
Vous souhaitez partager avec nous des émotions, des souvenirs, des réflexions ? Écrivez-nous à [email protected]
Tous les articles d’Antonella Baccaro
iO Femme © REPRODUCTION RÉSERVÉE

