Serena Dandini (photo de Gianmarco Chieregato)
L‘effervescence et l’éclectisme culturel de l’univers féminin ne cessent de m’émerveiller. Pendant des siècles, la créativité des femmes a été enfermée, endormie, découragée mais maintenant elle se libère comme un geiser qui, longtemps retenu, entrevoit enfin libre et nous comble de nouveautés.
Aujourd’hui, je veux vous parler d’un livre très intéressant sur les femmes médiévales par un historien de l’art de l’Université d’Oxford, Jamina Ramírezmais d’abord je voudrais vous parler de l’auteur, qui pour moi représente pleinement cette nouvelle génération émancipée qui, avec tant d’efforts, d’études et de joie, a réussi à rassembler compétence, professionnalisme et même quelques enfants.
Jamina n’est pas le rat de bibliothèque classique qui a passé les meilleures années de sa vie à étudier sur des papiers durement gagnés, son parcours est plus rock qu’académique. Il est né bassiste dans un groupe punk et a transféré son enthousiasme au monde de l’art sans perdre le désir de communiquer les merveilles du passé à un large public ainsi qu’à des intérêts plus contemporains.
Virginia Woolf serait fière de cette nouvelle vague d’universitaires endurcis de 40 ans qui malgré la profondeur de leurs études ont su entretenir les passions et la légèreté et nous redonner une vision de l’histoire inédite et certainement plus intéressante que bien des tomes sérieux et souvent illisibles.
Un livre pour racheter les femmes
Son livre Femme (l’Essayeur) nous raconte l’envers du Moyen Age que ce n’était pas seulement un âge sombre peuplé principalement de chevaliers errants, de clercs et de conquérants, bref, une armée masculine qui ne comprenait que des jeunes filles au cœur tendre.
“Femina” de Janina Ramirez (The Assayer)
Grâce à de nouvelles études historiques et sociales et même à la cartographie génétique il est aujourd’hui possible de redécouvrir un monde féminin qui a fait l’histoire comme les hommes mais qui a souvent été occulté et ses exposants considérés comme « féminins » : d’où la formulation qui, à partir de la Réforme, a qualifié avec mépris les œuvres de femmes qui ne méritaient pas d’être transmises.
Ici, en déplaçant les projecteurs, Ramirez illumine un certain nombre de personnalités extraordinaires qui ont brillé dans tous les domaines: des artistes, des scientifiques, des voyageurs et même de grands dirigeants dont nous ne soupçonnions pas l’existence.
A commencer par le guerrier viking dont les restes ont été retrouvés à Birka ainsi qu’une tenue funéraire de lances, de flèches et d’épées, considéré comme un “guerrier” avant une analyse précise de l’ADN. Un récit passionnant qui confirme une fois de plus combien il est nécessaire de s’affranchir de tout stéréotype dans n’importe quel domaine du savoir.
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