Pas longtemps maintenant. Encore quelques heures et la Commission européenne proposera les nouvelles propositions législatives de l’UE sur les finances publiques. Dans le cadre d’une négociation en phase finale, Bruxelles annoncera mercredi 26 avril la proposition législative sur la réforme du Pacte européen de stabilité et de croissance, cœur de la discipline économique commune. “Nous sommes sur la bonne voie”, a déclaré le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis, dégageant le champ d’un éventuel report de la proposition (sauf rebondissements, pas exclu étant donné que l’agenda officiel fait toujours défaut). Les anciens paramètres du Pacte de stabilité sont suspendus depuis 2020 en raison de la pandémie.
Les prochaines étapes
Dès vendredi et samedi, le texte pourrait faire l’objet de discussions à l’Eurogroupe et au Conseil Ecofin informel de Stockholm, pour ensuite être examiné par le Conseil Ecofin à la mi-mai et un probable Eurosommet fin juin. Les nouvelles règles devront être approuvées d’ici la fin de l’année et avant la fin de la clause de sauvegarde qui a suspendu les règles du Pacte depuis la pandémie jusqu’à fin 2023.
Dombrovskis a souligné le grand effort “d’équilibrage” réalisé, dans la volonté de maintenir ensemble la “plus grande flexibilité” accordée aux pays de l’UE pour les ajustements fiscaux et “la transparence et l’égalité de traitement entre les États membres” avec également des repères numériques communs.
Les nouvelles règles, que la Commission avait anticipées en novembre, devront abandonner la règle actuelle qui prévoit une réduction annuelle de 5 % de la dette publique dans les pays surendettés (la « vingtième » règle, largement rejetée), pour passer à l’ajustement convenu par chaque pays sur la base d’une analyse de soutenabilité de la dette, avec des accords individuels avec la Commission, sur le modèle du Pnrr, pour les trajectoires de dépenses primaires nettes (hors recettes ponctuelles, dépenses d’intérêts ou de chômage).
Le pressage de l’Allemagne
Or, l’Allemagne a demandé aux pays les plus endettés de réduire leur dette d’au moins 1 % par an, tout en indiquant divers autres critères chiffrés portant, par exemple, sur les dépenses et le solde structurel. « Notre objectif est de renforcer le pacte de stabilité et de croissance, pas de l’affaiblir. Nous avons besoin de plus de responsabilité », a déclaré le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, dans une intervention au Financial Times dans laquelle il a également demandé « des dispositions de sauvegarde pour assurer une réduction effective des ratios dette/PIB ». Une réforme, a-t-il souligné, « n’est acceptable que si nous apportons des améliorations significatives au cadre. Sinon, il ne serait pas approprié de changer les règles.

