Le décaissement des prêts aux ménages et aux entreprises continue de ralentir et, dans l’intervalle, les taux d’intérêt continuent d’augmenter, en particulier ceux des crédits immobiliers, franchissant le seuil de 4 %. C’est ce qui ressort du bulletin mensuel de l’Abi.
En mars 2023, suite aux hausses de la BCE, le taux moyen sur l’ensemble des crédits était de 3,81% contre 3,65% le mois précédent. Concrètement, le taux moyen des transactions d’achat de logements neufs était de 4% contre 3,76% le mois précédent et 5,72% fin 2007 (le chiffre publié ces derniers jours par la Banque d’Italie qui indiquait déjà 4% en février a en réalité pris compte du Taeg et ne reflétait pas seulement la dynamique du taux d’intérêt). Le taux moyen des opérations de financement des nouvelles entreprises s’est établi à 3,9% contre 3,55% le mois précédent.
La croissance des prêts passe de +1 à plus 0,5 %
S’agissant de la dynamique des crédits, en mars les crédits aux ménages et aux entreprises ont augmenté de 0,5 % en rythme annuel contre la hausse de 1 % enregistrée en février. En février, les crédits aux entreprises avaient diminué de 0,5 % et ceux aux ménages avaient augmenté de 2,5 %. La détérioration du crédit progresse également, quoique lentement. Les créances douteuses nettes (c’est-à-dire nettes des dépréciations et provisions déjà constituées par les banques sur leurs ressources propres) s’élevaient en février 2023 à 15,5 milliards d’euros, en légère augmentation supplémentaire : elles étaient de 15,3 milliards en janvier et de 14,2 milliards en décembre 2022. Le ratio des créances douteuses nettes sur le total des prêts était de 0,89 % en février 2023 contre 0,81 % en décembre 2022, 1,03 % en février 2022 et 4,89 % en novembre 2015.
Dépôts en baisse (-2,9%), collecte record sur les obligations en mars
Les montants des dépôts continuent de baisser, et donc aussi les liquidités parquées sur les comptes courants : à fin mars, ils s’élevaient à 1.783 milliards, avec une baisse de 2,9% sur un an et d’environ 4 milliards par rapport au mois précédent. Récupération continue, grâce à la hausse des taux d’intérêt, du financement bancaire par l’émission d’obligations : le montant total est égal à 220 milliards, en hausse de 10 % sur un an et le chiffre le plus élevé par rapport aux deux dernières années. L’aspect intéressant est que la flambée du financement bancaire a eu lieu en mars 2023, le mois au cours duquel la crise du Credit Suisse et l’élimination des obligations bancaires At1 (épargnant à la place les titres de participation et renversant la priorité dans l’échelle des passifs impliqués dans une crise ) avait fait craindre un durcissement des conditions de marché qui aurait pu pénaliser le financement bancaire.
Le rendement des dépôts à terme bondit
Le gouverneur de la Banque d’Italie le réclamait depuis l’automne dernier, demandant d’ajuster, suite à la hausse des taux d’intérêt, non seulement le coût des emprunts mais en même temps aussi la rémunération des dépôts. Les signes commencent à arriver. Selon le bulletin Abi, en mars 2023, le taux d’intérêt moyen sur le total des dépôts bancaires des clients (somme des dépôts, des obligations et des accords de rachat en euros pour les ménages et les sociétés non financières) est passé à 0,80 % en Italie (0,71 % en le mois précédent). Tout cela dû, entre autres, à la hausse du taux prélevé uniquement sur les dépôts (comptes courants, dépôts d’épargne et certificats de dépôt), qui est passé à 0,61% contre 0,54% le mois précédent. Cependant, il convient de souligner que le taux prélevé uniquement sur les dépôts en compte courant est resté à 0,26%, “en tenant compte du fait que le compte courant permet d’utiliser une multitude de services et n’a pas de fonction d’investissement”, explique-t-on. Le rendement des obligations existantes a également augmenté, passant à 2,41 % (2,23 % le mois précédent). En outre, il est expliqué que « le taux appliqué aux nouveaux dépôts à terme (c’est-à-dire les certificats de dépôt et les dépôts à terme) en février 2023 est passé à 2,5 % (0,57 % en février 2022) et le rendement des nouvelles obligations à taux fixe est passé de 0,58% en février 2022 à 4,01% en février 2023″.

