Du hard rock au R’n’B, le Belge a beaucoup en commun avec son agenda politique clair.
Yannick Ilunga alias Petite Noir appelle son travail Noirwave – le terme va bien au-delà de la musique et englobe différents genres, modes et attitudes des artistes noirs : un intérieur qui ne peut être attribué à aucun style particulier ni même au courant dominant. A cet égard, le deuxième album du fils de parents congolais, né en Belgique et élevé en Afrique du Sud, est un album noirwave par excellence : MOTHERFATHER est une chevauchée époustouflante qui mêle hard rock, musique congolaise, R’n’B, Electro, Soul et non seulement touche à bien d’autres styles, mais les savoure intensément.
Dégelant sur des rythmes ralentis, le single “Blurry”, arrangé de manière minimaliste, par exemple, développe une attraction irrésistible, interrompue par l’intermède de rap dur de Sampa The Great contrastant avec la voix de velours et de soie d’Ilunga. Le “Lilli” brut et suggestif pourrait aussi être un morceau de Lil’ Nas X, tandis que “Simple Things” (avec le trompettiste de jazz Theo Croker) est très pragmatique sur le racisme et le classicisme. : “C’est une chose si simple / Ils ne veulent pas que nous soyons égaux”, annonce Petite Noir, et l’envie automatique de chanter reste coincée dans votre gorge.
“Best One” parle également des expériences d’Ilunga avec l’exclusion et la violence, qu’il décrit avec une sérénité étonnante. Avec “Play”, Petite Noir termine ce morceau sombre, explicitement politique et chargé d’érotisme d’un album relativement insouciant et joyeux – formidable.

