Comment Jan Fabre pouvait-il savoir que son comportement était inacceptable s’il ne recevait jamais de plainte ? L’avocate de Jan Fabre, Eline Tritsmans, s’est posée la question vendredi lors de la deuxième journée de son procès. Selon le journal flamand Le standard elle a plaidé devant le tribunal d’Anvers pour l’acquittement de l’artiste belge controversé, qui encourt trois ans de prison. “Fabre n’a intimidé ou humilié personne et n’a commis de comportement sexuellement transgressif envers personne.”

A lire aussi : L’art de Jan Fabre était tout au sujet de la vraie douleur et du vrai sexe

Une semaine plus tôt, Fabre avait été accusé par le parquet de violences, brimades et comportements sexuels non désirés envers onze danseurs de sa compagnie Troubleyn et attentat à la pudeur sur l’un d’entre eux. Fabre n’était pas présent les deux jours d’audience.

Son avocat contredit également lors de l’audience qu’il existe une culture de la peur ou un climat de travail toxique chez Troubleyn. Quiconque avait des problèmes avec la méthode de Fabre aurait pu le signaler à son dramaturge habituel Miet Martens à tout moment. Selon Tritsmans, les procureurs se sont “excités”. Ce serait une forme de narration collaborative, ce qui signifie que les explications mutuelles sont alignées et se renforcent mutuellement. “Nous ne disons pas que les déclarations sont fausses, mais elles ne sont pas fiables.”

action au pilori

L’affaire a débuté en 2018 lorsque Fabre dans une lettre ouverte a été accusé de comportement sexuellement transgressif et d’abus de pouvoir, en réponse à Les expressions de Fabre que dans son entreprise il n’y a jamais eu de problèmes dans ce domaine. Vingt (anciens) salariés et stagiaires ont signé la lettre.

La défense de Fabre a parlé d’une action au pilori vendredi et a déclaré qu’il se promenait depuis avec le cachet “coupable”. Une tentative a été faite pour le “déshumaniser et diaboliser”. Selon Tritsmans, il était devenu le symbole parfait du mouvement #MeToo. “Jan Fabre a dû être annulé.”

L’avocat a souligné que plusieurs déclarations faites lors de la première journée d’audience datent d’il y a vingt ans et sont donc “largement dépassées”. Elle a dit qu’il était injuste d’avoir une affaire à ce sujet maintenant : la loi et l’air du temps ont maintenant changé.

Quiconque travaille avec Fabre serait conscient du contexte artistique, dit Tritsmans. Fabre est connu comme un artiste radical qui exige le maximum de ses employés. Elle comprend que cela peut être “beaucoup”, mais nie qu’il y ait un acte criminel, de l’intimidation ou de la violence. Selon elle, l’expression controversée “pas de sexe, pas de solo” est basée sur des “commérages”.

Tritsmans conteste divers témoignages à charge faits contre Fabre une semaine plus tôt. « Il faut plus que la simple perception subjective de la personne qui porte plainte pour pouvoir évaluer les situations décrites.

Excuses

Tritsmans a également déposé une lettre dans laquelle plus de 160 employés de Troubleyn déclarent ne pas se reconnaître à l’image de Fabre. 84 témoins ont déclaré sous serment qu’il n’y a aucun problème au sein de Troubleyn en ce qui concerne les accusations qui sont au cœur de cette affaire.

A la fin de la séance, une lettre de Fabre lui-même a également été lue. “Je présente mes sincères excuses à ceux qui se sentent blessés, à ceux qui m’ont fait me sentir mal.” Le verdict du procès suivra le 29 avril.



ttn-fr-33