Quarante millions d’euros pour une prolongation de deux ans. C’est finalement le pas franchi par le gouvernement sur Spid, le système public d’identité numérique, après que les fournisseurs d’identité avaient menacé d’abandonner le service qui devait expirer le 23 avril face à des coûts jugés plus soutenables.
Les ressources ont été identifiées dans le cadre du Plan national de relance et de résilience et incluses dans un amendement du gouvernement au décret-loi Pnrr-ter en cours d’examen par la commission budgétaire du Sénat. L’amendement fait référence à un nouvel accord à stipuler avec l’Agence pour l’Italie numérique sans en préciser la durée. Mais, selon Sole-24 Ore, ce sera un accord de deux ans.
La solution qui a été identifiée par le Département de la Transformation Numérique et par le Sous-secrétaire à la Présidence du Conseil en charge de l’Innovation, Alessio Butti, pêche directement dans le sous-investissement du Pnrr qui concerne la diffusion du Spid et la mise en place du le Registre national de la population résidente. Une solution imaginée “en attendant la rationalisation du système d’identité numérique”.
Le réaménagement à l’étude
La prolongation de deux ans indique clairement qu’il n’y aura pas l’arrêt redouté du Spid, qui sur certains sites et journaux avait été donné à tort pour certain après les premières déclarations publiques sur cette question par le sous-secrétaire Butti. Le schéma à l’étude en est un autre. Le 31 mars, Butti, répondant à une interpellation du M5S dans l’hémicycle, évoque la nécessité « d’un sérieux processus de rationalisation du système d’identité numérique, à travers un outil d’accès unique pour tous les services de l’administration publique et pour le service de santé ». Avec des délais certes pas courts et s’orientant vers une convergence de Spid et Cie dans l’identité numérique européenne étudiée par la Commission européenne, le portefeuille d’identité numérique européen défini dans le projet de règlement eIDAS de juin 2021.
Cie simplifiée
Tout cela alors que le gouvernement tente de faciliter la vie des citoyens aux prises avec la Cie qui tentent d’accéder aux services en ligne de l’Administration Publique. Le ministère de l’Intérieur a annoncé la mise en place de nouvelles fonctionnalités de la Cie pour simplifier l’accès en mobilité en contournant le problème du lecteur de carte à puce. Les niveaux 1 (identifiant et mot de passe) et 2 (génération d’un code d’accès temporaire ou scan d’un QR code), déjà proposés par Spid, ont été activés. Le recours au niveau 3 n’est plus indispensable, ce qui nécessite la présence d’un lecteur de carte à puce (pour le PC) ou d’un smartphone équipé de la technologie NFC.
Financement uniquement lorsque les objectifs sont atteints
Revenant sur les 40 millions pour les dirigeants du Spid, l’avenant prévoit qu’ils seront décaissés dès l’atteinte d’objectifs précis à fixer dans la convention et que les coûts réellement engagés auront été vérifiés. Il s’agira d’un arrêté de la présidence du conseil, à adopter dans les 30 jours à compter de la date d’entrée en vigueur du décret Pnrr-3, pour répartir la contribution au prorata du nombre d’identités numériques gérées par chaque gestionnaire, de accès aux services fournis par les administrations publiques et des contrôles des données du registre unique que chaque fournisseur devra effectuer. La croissance des identités gérées et des transactions enregistrées sera également prise en compte.
Butti : écoutez les prestataires
Le sous-secrétaire Butti évoque le travail effectué avec des particuliers (Assocertificatori en première ligne) pour arriver à ce compromis. “C’est – dit-il – une initiative que j’ai fortement voulue, non seulement pour assurer la continuité opérationnelle du service, mais aussi et surtout pour garantir les ajustements technologiques nécessaires pour que tous les citoyens puissent bénéficier d’une identité numérique de plus en plus sécurisée, fiable et efficace”. «Nous sommes le premier gouvernement à avoir écouté les besoins des opérateurs privés – ajoute-t-il – après des années de demandes restées lettre morte par les précédents dirigeants. Nous continuerons à travailler pour assurer l’interopérabilité des informations entre les AP et pour simplifier l’identité numérique dans notre pays à la lumière des objectifs importants fixés par le Pnrr sur la transition numérique ».

