Si ce n’est pas un combat, au moins c’est un défi. La Région Sardaigne conteste la loi de stabilité du gouvernement devant la Cour constitutionnelle. Deux thématiques, jugées stratégiques pour le développement de l’île, placées au centre de l’appel. Il s’agit de la question des transports, et notamment de la rareté de la dotation prévue pour les liaisons aériennes, et de l’insularité, c’est-à-dire le principe inscrit dans la Constitution qui doit permettre aux îles de surmonter les difficultés qui surgissent justement du fait de l’insularité. Dans ce cas, la Région conteste “l’absence de poursuite du tableau technico-politique visant à quantifier et compenser les coûts découlant des désavantages structurels déterminés par la condition insulaire”.

Centre de transport

Sur la question des transports, le point soulevé par la Région concerne le fait qu’avec la loi de stabilité, “seulement 5 millions en 2023 étaient jugés suffisants pour garantir à la Sardaigne et à la Sicile une liaison aérienne effective et complète vers et depuis l’île (qui deviennent 15 quand pleinement opérationnel pour les deux territoires à partir de 2024)”. Des ressources, selon la Région, insuffisantes pour pallier les désavantages dus précisément à la condition insulaire.

Droit à la certitude des connexions

“Nous ne pouvons pas permettre que l’intérêt de la Sardaigne et des Sardes soit remis en cause, notamment sur des sujets sensibles comme le droit à la mobilité – précise le président de la Région Christian Solinas -. Nous nous sommes retrouvés devant un fait accompli, c’est-à-dire une dotation qui n’était certainement pas suffisante pour assurer un système de raccordement aérien correct et efficace. Un fait encore plus grave si l’on considère le prélèvement annuel des ressources régionales, sous forme de partenariats fiscaux, qui s’élève actuellement à 306 millions, auquel il faut ajouter une nouvelle provision d’environ 5 millions en 2023. Les Sardes qui, quoi qu’il arrive besoin, se déplacer de l’île, dit le président, ont le droit d’avoir la certitude des correspondances et la certitude de pouvoir voyager toujours au même prix, avec des fréquences sûres, éventuellement avec des avions de qualité. Ces droits continuent d’être niés à ce jour.”

Les frais supplémentaires

Il y a aussi un autre aspect qui est mis en avant et qui concerne les retards liés aux délais sur surcoûts dus à l’insularité. « La quantification qui devait avoir lieu au sein du tableau technique politique établi sur la base de l’accord signé en 2019 et confirmé en 2021 mais qui, malgré les demandes répétées de la Région, a connu une interruption brutale – poursuit le gouverneur -. Cette table représentait le lieu idéal pour certifier définitivement le devoir de supprimer les inégalités que les citoyens et les entreprises sardes ont dû subir pendant des décennies, en supportant des coûts plus élevés sur l’énergie, les transports et d’autres secteurs qui ont conduit à une compression des opportunités pour l’ensemble du système sarde par rapport au reste de la Péninsule».

Une porte ouverte

De la Région, cependant, le vice-président et conseiller budgétaire Giuseppe Fasolino laisse une porte ouverte. «Il est évident qu’il est nécessaire de recommencer dans les interlocutions avec le gouvernement pour rediscuter des principales critiques concernant notre île, historiquement et encore aujourd’hui dans une position inférieure aux autres régions – dit-il -. Nous sommes prêts à privilégier une nouvelle phase de développement qui augmentera le potentiel de notre île, mais pour ce faire, il est nécessaire de surmonter les retards structurels de la Sardaigne, des inconvénients dont l’État doit nécessairement tenir compte ».



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