1 – L’abstentionnisme est le premier parti, même en Italie la démocratie minoritaire compte désormais : ne pas voter a le plus frappé le Parti démocrate, engagé dans un long chemin de résurrection au Congrès qui l’a longtemps rendu acéphale et à peine perceptible par un large électorat. Il sera intéressant d’étudier le poids de l’abstention par tranche d’âge et par tranche de revenu.
2 – Si c’était censé être un test pour le gouvernement, le premier ministre peut dormir tranquille ; le centre-droit est porté par l’effet Meloni qui, surtout dans le Latium, récompense le parti du premier ministre et fait basculer le consensus vers la droite et en Lombardie il permet aux partis de la coalition d’améliorer leurs positions politiques tout en préservant l’équilibre interne (très important pour la Ligue qui, la veille, craignaient d’être emportés par le tsunami de Fratelli d’Italia).
3 – S’il devait s’agir d’un test pour l’opposition, la considération triviale selon laquelle « divisé se perd » se confirme.
4 – Il n’y a pas eu de dépassement des 5 étoiles sur le Parti démocrate qui avait d’ailleurs été crédité de plausible, même par certains sondages : le Parti démocrate reste tout de même plus du double de la taille du groupe de Giuseppe Conte qui, dans ce vote, n’a-t-il pas s’impose comme un Mélenchon italien. En effet, contrairement aux attentes, le Parti démocrate a respecté son électorat.
5 – Le centre-droit conserve la Lombardie et le centre-gauche perd “sa” région historique où l’abstention atteint un record. En Lombardie, on votait surtout sur les caractères ; dans le Latium plus sur les fêtes.
6 – Le troisième volet n’a pas fait la différence, seul ou en coalition.
7 – L’histoire électorale des élections régionales est celle d’une Italie foncièrement bipolaire où il devient important de comprendre comment récupérer les indifférents et les découragés. C’est le vote fragile qui comptera pour l’avenir.
