Une approche dure, un nouveau régime et une table rase. Avec ce message, le Parlement européen tente de reprendre le fil cette semaine à Strasbourg, un mois après des révélations sur un important scandale de corruption. Mais alors que les eurodéputés se disputent sur la rigueur des nouvelles règles de lobbying, l’incertitude demeure quant à l’impact et à la portée du scandale.

Par une série de perquisitions et de perquisitions domiciliaires, la justice belge a mis au jour début décembre une affaire de corruption dans et autour du Parlement européen. En plus du Qatar, État du Golfe, le Maroc aurait également influencé la prise de décision européenne par le biais de l’argent et des cadeaux. Quatre personnes ont depuis été arrêtées, dont l’eurodéputée grecque Eva Kaili et l’ancien eurodéputé italien Antonio Panzeri.

Ce lundi, le président du Parlement européen a formellement engagé la procédure de levée de l’immunité parlementaire de deux autres eurodéputés, en réponse à une demande de la justice belge. Il s’agit du Belge Marc Tarabella et de l’Italien Andrea Cozzolino, tous deux du groupe social-démocrate.

En principe, les eurodéputés jouissent de l’immunité – à moins qu’ils ne soient pris en flagrant délit, comme Kaili avec des valises pleines d’argent. Dans les prochaines semaines, Tarabella et Cozzolino auront l’occasion de se défendre contre la demande, après quoi le Parlement européen pourra effectivement lever l’immunité en février.

Qu’il reste ici? Un mois après les premières révélations, les eurodéputés craignent toujours l’ampleur du scandale. La semaine dernière, la députée européenne socialiste belge Marie Arena a également démissionné de sa présidence de la commission des droits de l’homme après Politique a révélé qu’elle avait omis de déclarer un voyage payé au Qatar.

Entre-temps, le débat a commencé au sein du Parlement européen sur de nouvelles mesures qui devraient réduire le risque de récidive. La semaine dernière, la présidente Roberta Metsola a présenté un plan en quatorze points qui devrait être mis en œuvre d’ici un mois. Cela comprend une proposition de période de réflexion pour les anciens députés européens qui souhaitent faire du lobbying, une obligation de rendre publiques les réunions avec des tiers et une interdiction des soi-disant “groupes d’amitié” avec des pays tiers – selon les critiques, des véhicules de lobbying déguisés.

Les sociaux-démocrates veulent, entre autres, une meilleure protection des lanceurs d’alerte

Mais la question de savoir si le plan va assez loin a immédiatement fait l’objet de discussions. Le Parti social-démocrate en particulier, pivot dans le scandale de la corruption, fait un gros effort pour montrer son côté le plus strict. Le parti souhaite, entre autres, une meilleure protection des lanceurs d’alerte. Les groupes de gauche et les écologistes au Parlement européen trouvent également les propositions trop faibles et souhaitent également une transparence obligatoire sur la déclaration de patrimoine, par exemple. D’un autre côté, les eurodéputés de centre-droit craignent la nouvelle bureaucratie et défendent la liberté qui devrait accompagner le mandat élu.

Politisé

Ainsi, après le choc initial, le scandale et sa réponse se politisent doucement. Certainement parce que c’est toujours le groupe social-démocrate qui est suspecté, les reproches et les accusations des autres partis se multiplient.

Lorsque le Parlement européen débattra du scandale pour la deuxième fois ce mardi, on s’attend à ce qu’il revienne à la surface. D’autant plus que les partis s’attaquent aux positions d’eurodéputés sociaux-démocrates désormais suspects, cette semaine en premier lieu celle de Kaili, qui était également vice-président.

Des élections se profilent à l’horizon dans un peu plus d’un an. Maintenant que la réputation de l’EP a pris un tel coup, la question est de savoir s’il reste suffisamment de temps pour le restaurer. Metsola a appelé lundi à tout mettre en œuvre pour regagner la confiance des citoyens. Notre maison est la quintessence de la démocratie parlementaire européenne et j’ai besoin de votre aide pour renforcer ses piliers.



ttn-fr-33