Près de la moitié des aides d’État versées par les pays membres de l’UE pour aider leurs entreprises et leurs citoyens à faire face à la crise provoquée par la guerre en Ukraine ont été versées par la seule Allemagne. C’est le tableau qui ressort des données fournies par la porte-parole de la Commission européenne de la concurrenceArianna Podesta.

Décisions de Bruxelles

Environ 170 décisions ont été prises pour approuver mesures nationales notifiées par les 27 États membres conformément aux conditions énoncées dans le cadre temporaire de crise géopolitique. Cela fait environ 540 milliards, répartis comme suit : 49,43 % ont été décaissés par l’Allemagne, 29,92 % par la France, 4,73 % par l’Italie, 4,5 % par le Danemark, 3,2 % par la Finlande et 1,8 % par l’Espagne. Ce sont des estimations, a précisé la porte-parole, et il faut rappeler qu’il ne s’agit pas seulement de transferts directs, mais aussi de prêts et de garanties, qui ont des effets différents.

Disparités entre les pays

Fin décembre 2022, dans le contexte de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, la Commission européenne a approuvé un programme allemand de 49 milliards d’euros pour soutenir l’économie. Une mesure ouverte aux entreprises de tous secteurs et de toutes tailles consommatrices finales d’électricité, de gaz naturel et de chaleur produite à partir de gaz naturel et d’électricité.

Les données fournies par la Commission mettent en évidence le fait que, face à la crise énergétique et en l’absence d’instruments communs suffisamment dimensionnés, les pays aux budgets les plus solides peuvent se permettre de soutenir leur économie bien plus efficacement que les pays qui ont des finances publiques moins saines. Ce qui implique un avantage concurrentiel pour les firmes des premiers, par rapport aux firmes des seconds.

Meloni : une vision différente s’impose

Mais la vraie question est celle d’un Vieux Continent à nouveau compétitif sur le marché mondial. La Première ministre Giorgia Meloni a évoqué la nécessité d’un “changement de rythme” sur la question des aides d’Etat lors de la conférence de presse de fin d’année : “Nous nous retrouvons dans une Europe où nous ne gouvernons plus rien, alors qu’environ nous les autres on s’organise”. La référence est àLoi sur la réduction de l’inflation (Ira) des Etats-Unis qui, avait souligné le premier ministre, “risque de produire un manque de compétitivité pour nos entreprises”.



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