Serena Dandini (photo de Gianmarco Chieregato).

Nonoè il a amené toutes les espèces animales à l’Arche pour la sauver du déluge mais il n’a même pas chargé un pot de basilic.

Evidemment il savait très bien que les plantes se seraient débrouillées d’elles-mêmes, ou peut-être que Dieu le lui avait suggéré, qui n’avait pas par hasard donné la vie aux plantes le troisième jour de la Création alors qu’il n’avait créé l’être humain que le sixième et dernier jour, après qui a fait une pause, peut-être en réfléchissant à ce dernier projet, qui n’a pas très bien tourné.

En fait, il n’y a pas d’espèce plus stupide que l’homo sapiens, capable de détruire systématiquement l’environnement auquel il doit sa survie..

Notre vie sur terre dépend avant tout des plantes, et pourtant nous, les humains, parvenons à abattre une zone de forêt amazonienne cinq fois la taille d’une métropole comme Londres en l’espace d’une seule année.

Si à cet instant toutes les espèces végétales venaient à s’éteindre sur terre, il n’y aurait pas d’avenir pour l’espèce humaine alors que si c’était nous qui disparaissions, les plantes continueraient à se développer paisiblement sans aucune perturbation.

“La tribu des arbres” de Stefano Mancuso (Einaudi).

Ces secrets m’ont été suggérés par des arbres, qui ne sont pas obtus comme on les juge souvent mais qui ont de l’intelligence, de la sensibilité et du caractère, surtout quand un expert comme Stefano Mancuso, dans son nouveau livre fascinant pour Einaudi, La tribu des arbres.

L’auteur, un botaniste bien connu, nous a livré au fil du temps une série d’essais importants sur le monde végétal mais avec ce dernier ouvrage il a décidé de laisser libre cours à son imagination et de nous raconter dans un véritable roman ce qui se cache derrière le feuillage, les branches et les racines de ces protagonistes que trop souvent nous considérons comme passifs et sacrifiables au nom d’un progrès qui nous entraîne à la dérive.

ET, comme dans toute narration qui se respecte il y a un héros, en l’occurrence l’arbre Laurinqui a une mission à remplir pour sa communauté riche, diversifiée et peuplée de nombreux clans différents.

On découvre ainsi qu’il existe des arbres taciturnes qui savent chanter, des arbres qui étudient et cataloguent les couchers de soleil, et d’autres arbres scientifiqueschargé de recueillir et d’échanger des informations.

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Un monde fantastique qui n’exclut pas la diversité et nous enseigne en effet aux humains – qui l’ont oublié depuis trop longtemps – que la vraie force de la nature est l’inclusion.
Après l’avoir lu, je vous assure que vous regarderez chaque nuance de vert qui peuple notre planète avec des yeux neufs, et vous ferez tout pour qu’elle reste votre amie.

Tous les articles de Serena Dandini.

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