Serena Dandini (photo de Gianmarco Chieregato).

Etune quantité vertigineuse de livres sort chaque jour et, même si tous ne méritent pas notre attention, il y en a tellement qu’on aimerait lire mais ça prendrait deux vies et demie – et de belles longues – pour réaliser ce noble désir.

Virginia Woolf disait que pour elle le paradis c’était la possibilité de lire en continu, sans fin, je suis certes plus prosaïque et j’ai aussi d’autres activités qui me tiennent à coeur, alors les livres s’entassent sur la table de chevet, sur la table de travail, dans la salle de bain et dans la cuisine.

Les livres c’est comme ça, ils te suivent, ils te cherchent et ils font tout pour capter ton regard distraitmais il y a quelqu’un qui, comme un coup de foudre, vous attire déjà du titre et vous ne pouvez pas vous empêcher de le capturer de la pile et de vous plonger dans la lecture.

C’est le cas de Amour absolu et autres exercices futilesle premier roman de Giulia Serughetti pour Marcos et Marcos.

“Amour absolu et autres exercices futiles” de Giulia Serughetti (Marcos y Marcos).

La chose la plus importante pour s’assurer que la lecture d’un nouveau livre ne s’arrête pas au bout de quelques pages est certainement ce qu’on appelle dans le jargon “la voix” d’un écrivain ou d’un écrivain, et celle de Serughetti vous séduit dès les premières lignes.

«Aller à l’école à Parioli dans les années 1990 a été brutal. Il n’y avait pas de drogue, il n’y avait pas de politique, il n’y avait pas de sexe, il n’y avait rien. C’était comme être rêvé par l’esprit d’un dentiste.”

Ironique, brillant et profond à la fois, l’auteur nous offre un autoportrait caustique et amusantun bilan décousu d’un quadragénaire qui surmonte la solitude grâce à la compagnie du cocker Olivia, une présence indispensable pour affronter la réalité de nos journées compliquées, toujours en déficit d’amour vrai et à la merci des bobines d’une belle et fatigante métropole comme Rome.

«Rome est une putain qui vous le fait croire et se moque de vous. C’est impossible de ne pas la détester, c’est impossible de ne pas l’aimer», une ville qui me rend accro aussi, malgré les ragondins qui peuplent le Tibre et les ruelles peuplées de brigands.

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Aux origines des Pouilles, avec des madeleines en forme d’aubergines représentées par un grand-père qu’on aimerait tous avoir et une mère qui était “une princesse à l’extérieur et une conductrice de camion à l’intérieur”, la protagoniste parvient tout de suite à se lier d’amitié avec nous et c’est réconfortant de passer enfin une de ces premières soirées d’automne avec elle qui invitent à la lecture, car, comme l’affirme Vladimir Nabokov, “savoir qu’on a quelque chose de sympa à lire avant d’aller se coucher est l’une des sensations les plus agréables de la vie”.

Tous les articles de Serena Dandini.

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