Les Serbes du Kosovo ont démissionné samedi de la police, de la justice et d’autres services gouvernementaux dans quatre municipalités du nord du Kosovo, majoritairement peuplées de Serbes. Signale ça les médias locaux Dimanche. La raison de ces démissions est l’obligation récemment introduite d’avoir des plaques d’immatriculation kosovares sur la voiture. Les Serbes considèrent cela comme une provocation et une répression.
Les démissions sont intervenues après un meeting dans la ville de Zvecan, organisé par le parti serbe Srpska Lista. Selon le parti, les maires des municipalités à majorité serbe, les députés, les juges, les procureurs et les policiers kosovars ont tous démissionné de leur poste. Au cours de la réunion, les policiers ont enlevé leurs uniformes de police kosovar de manière démonstrative.
Nenad Djuric
Vendredi, le directeur régional de la police du Kosovo pour la majorité serbe dans le nord du Kosovo, Nenad Djuric, a été suspendu parce qu’il était soupçonné d’avoir appelé à la résistance. Djuric a déclaré jeudi que la police du nord du Kosovo n’appliquerait pas la décision du gouvernement de réprimander les conducteurs portant des plaques d’immatriculation serbes.
Dimanche, plusieurs milliers de citoyens sont descendus dans les rues de Mitrovica, une province majoritairement serbe du nord du Kosovo, pour protester contre la suspension de Djuric. Ils portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « nous sommes tous Nenad Đuric ». La manifestation s’est terminée sans troubles.
Loi sur les plaques d’immatriculation
Le conflit entre le Kosovo et la Serbie, qui resurgit occasionnellement, porte formellement sur les plaques d’immatriculation. Les Kosovars qui veulent se rendre en Serbie en voiture doivent acheter une plaque d’immatriculation temporaire depuis plus de dix ans maintenant. L’année dernière, le Kosovo a menacé d’imposer la même règle aux automobilistes serbes. Cela a été perçu par la Serbie comme une provocation et une oppression de la minorité serbe du Kosovo, qui conduit souvent des voitures immatriculées en Serbie.
Après la médiation de l’UE, le Kosovo s’est retiré de la mesure à l’automne dernier, mais une tentative du Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, d’introduire la loi sur les plaques d’immatriculation le 1er septembre a insufflé un nouveau souffle au conflit entre pays voisins ces dernières semaines.
Le Kosovo compte environ 100 000 habitants qui s’identifient comme Serbes, sur une population de 6,8 millions d’habitants.
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