Les premiers gestes du gouvernement sur la justice et la sécurité dans le Covid ne seront pas tant, ou pas seulement, qui serviront de carte de visite à Giorgia Meloni, à l’occasion du prochain voyage de l’UE, première sortie “extérieure” et européenne du nouvel exécutif.

Jeudi 3 novembre, le président du Conseil sera à Bruxelles où il rencontrera la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, celle de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel. Une étape délicate dans la perspective du feu vert aux nouvelles mesures de soutien aux familles et aux entreprises touchées par l’énergie chère et l’actualisation de la Nadef (nouvelle étape vers la loi de finances), avec un nouveau Conseil des ministres attendu vendredi 4 novembre. Après Bruxelles, les lundi 7 et mardi 8 novembre, Meloni participera au sommet des chefs d’État et de gouvernement COP27 à Charm el-Cheikh. Mardi 15 et mercredi 16 novembre, ce sera le tour du G20 à Bali.

Comptes publics, Giorgetti : “Déficit et dette en baisse”

En attendant, deux dossiers encadreront principalement les rencontres avec les dirigeants européens : les comptes publics et la crise en Ukraine. Dans le premier cas, les propos du ministre de l’Economie, le joueur de la Ligue du Nord Giancarlo Giorgetti, ne sont pas passés inaperçus à Bruxelles à l’occasion de la 98e Journée mondiale de l’épargne organisée par l’Acri. “Le nouveau gouvernement – a expliqué le chef du Mef, à 1uella qui était sa première apparition publique en tant que titulaire des comptes publics italiens – est orienté pour confirmer son engagement dans les années à venir à réduire le déficit et le ratio dette/PIB”. Dans le même temps, Giorgetti a souligné ce qui constitue aujourd’hui le problème numéro un, à savoir la flambée des prix, tirée par ceux de l’énergie. “En octobre – a-t-il souligné – l’inflation dans la zone euro a atteint 10,7%, tandis qu’en Italie, dans l’attente de données consolidées, elle atteint 12,8%, des niveaux élevés mais en ligne avec ceux d’autres économies avancées, cela se traduit par le réchauffement des prix qui affecte l’épargne de multiples façons. Pour éviter ces risques, il est nécessaire d’adopter des politiques de lutte rapide contre le phénomène inflationniste capables de freiner la croissance de la hausse des prix, mais surtout d’empêcher que cette croissance ne se prolonge ».

Crise en Ukraine, les assurances de Meloni sur la position de l’UE

Outre la question des comptes publics, la crise ukrainienne va encadrer le voyage européen. Dans ce cas, les indications de référence seront plutôt celles que le Premier ministre a exprimées, la dernière fois, à l’occasion de l’appel téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. À cette occasion, comme le précise une note du Palazzo Chigi, Meloni « a confirmé son plein soutien à la cause de la liberté du peuple ukrainien, a réitéré que la déclaration d’annexion de quatre régions ukrainiennes par la Fédération de Russie n’a aucune valeur juridique et politique et a souligné son engagement à tout effort diplomatique utile à la cessation du conflit ». En substance, un certificat de soutien à la ligne que l’Union européenne a adoptée à l’occasion de l’attaque contre l’Ukraine par la Fédération de Russie. Le premier ministre sera tout de même appelé à agir avec prudence. Les récentes déclarations de Silvio Berlusconi – selon lesquelles si l’UE ferme les robinets de l’aide militaire, Kiev pourrait être persuadée de s’asseoir à la table avec Moscou – risquent d’envenimer les relations entre le Premier ministre et l’UE.



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