Un adulte mûr ou un bébé encore fragile ? Laquelle de ces deux identités est la mieux adaptée au travail intelligent aujourd’hui ? “Comme cela s’est produit avec la crise pandémique – explique Mariano Corso, directeur scientifique de l’Observatoire des RH et de l’Observatoire du travail intelligent du Politecnico di Milano – cette nouvelle crise énergétique aura un impact sur le travail intelligent et non dans le sens d’une réduction mais au contraire comme stimulant ».
Corso s’exprime à la veille de la présentation des nouvelles données – le 20 octobre – et n’a aucun doute sur les perspectives du travail à distance et sur le fait qu’au final, les économies globales l’emporteront sur les factures onéreuses. C’est-à-dire sur le fait que la réduction générale des coûts, pour les travailleurs et les entreprises, est de nature à amortir, de toute façon, l’augmentation des coûts énergétiques. Et, si certains travailleurs réévaluent le choix du travail intelligent, les chiffres, cependant, après la baisse de 2021, semblent se diriger vers une reprise.
Certes, le travail à distance traverse une phase de transition, déclenchée non seulement par la question des coûts, c’est en fait une réflexion plus structurelle qui s’opère au sein du monde des Ressources Humaines. Le point clé de ce raisonnement est que, si autrefois salaire, carrière et bon climat interne étaient les trois leviers d’attractivité d’une entreprise, aujourd’hui la possibilité de travailler en souplesse compte. Great Place to Work le confirme également, à l’occasion de la publication du classement des 150 « Best Workplaces in Europe 2022 » (aux côtés de quelques-uns des lauréats). La nouveauté est plutôt l’émergence d’un risque. « Les entreprises réfléchissent à un aspect – explique Alessandro Zollo, PDG de Great Place to Work Italie – : si le travail intelligent ne les transforme pas en marchandises fongibles aux yeux des employés : travailler à distance, l’identité de l’entreprise devient de plus en plus marginale. C’est un élément que les grandes entreprises craignent particulièrement ».
Coûts et bénéfices
Mais revenons aux coûts, de quels chiffres parle-t-on ? «Nous avons estimé qu’avec deux jours de travail intelligent par semaine, une entreprise économise environ 2 000 euros par an pour chaque travailleur. Ce dernier économise environ un millier d’euros par an, grâce à la réduction des frais de déplacement. Maintenant, cependant, cette économie sera affectée par l’augmentation du coût du chauffage et de la réfrigération, qui pourrait se situer entre 200 et 300 euros par an », explique Corso. Clairement, c’est un calcul compliqué avec plusieurs variables : par exemple, ça change si le chauffage est centralisé ou autonome. Pour tenter de mettre de l’ordre, Altroconsumo a créé une simulation pour Il Sole 24 Ore.
Le simulateur
Deux scénarios ont été simulés : le premier photographie une maison dans laquelle vivent deux personnes. La consommation dans des conditions normales est de 1 900 kWh (kilowattheure) par an. Dans le second cas, cependant, une maison avec trois personnes est considérée : deux adultes qui travaillent à la maison depuis le matin et un garçon qui rentre de l’école l’après-midi. Dans ce cas, la consommation en conditions ordinaires est égale à la moyenne généralement constatée chez les clients domestiques, soit 2 700 kWh. Dans les deux cas la résidence dispose d’un compteur d’une puissance de trois kW (kilowatt) et le chauffage est autonome. Contrairement au scénario proposé par Polimi, cette hypothèse repose sur un travail intelligent en mode intense, c’est-à-dire les cinq jours de la semaine de travail. Commençons par intercepter l’évolution de l’utilisation des appareils électroménagers. Commençons par l’outil de travail : “Pour l’utilisation du PC nous avons estimé une consommation annuelle supplémentaire de 130 kWh par an”, expliquent les analystes d’Altroconsumo. Vivre chez soi toute la journée implique clairement une consommation supplémentaire : “A cet égard, nous avons estimé une augmentation de 5% de la consommation de départ pour considérer une consommation généralisée, difficile à cartographier et à identifier individuellement”. Le résultat est de 95 kWh de plus par an pour la maison de deux personnes et de 135 kWh de plus par an pour la maison de trois personnes. A l’intérieur, les postes que l’on peut clairement identifier sont : le surcoût pour l’éclairage (28 kWh par an en plus) et pour une plus grande utilisation du lave-vaisselle, “que l’on peut estimer à une augmentation d’environ 26 euros par an”. La véritable augmentation est cependant obtenue avec la climatisation pendant les mois d’été : +180 kWh par an.

