L’ancien PDG Mauro Moretti était en faute dans le massacre de Viareggio (Lucca) du 29 juin 2009 pour le manque de traçabilité et pour des contrôles insuffisants sur les wagons de fret loués par des entreprises allemandes mais pas parce que RFI et FS n’avaient pas imposé de limite de vitesse aux convois dans passage en gare.
La cour d’appel de Florence, dans les motifs du procès bis qui s’est prononcé le 30 juin 2022, explique que “la responsabilité pénale de l’ancien PDG de RFI et FS est irrévocable”, cependant rien ne permet d’attribuer le blâme à l’échec réduire la vitesse du train de marchandises. Le nouveau procès a été ordonné par la Cour suprême avec ajournement, avec “assignation” au tribunal florentin pour évaluer la question de la vitesse ainsi que la révision des peines suite à la prescription de l’accusation d’homicide involontaire, et a vu Moretti condamné à 5 ans (7 en premier appel).

Le calcul est affecté par l’exclusion de la culpabilité liée à la rapidité et à la prescription que le manager a utilisé pour la première fois dans ce processus dès le début de l’affaire. “Elle est donc irrévocable et ‘couverte’ par le jugement progressif”, écrivent les juges “la responsabilité pénale” de Moretti et aussi de l’autre dirigeant et PDG de RFI Michele Mario Elia (condamné à 4 ans, 2 mois et 20 jours) , ” en raison du défaut de contrôle de la traçabilité des wagons de fret étrangers circulant en Italie, du défaut d’acquisition des documents de sécurité, du défaut d’exécution des procédures de cabotage, confirmé par le tribunal de Lucques et la cour d’appel de Florence “, ce dernier dans sa première essai.

Responsabilité irrévocable, plaide essentiellement la Cour, car dans l’arrêt de légitimité de la Cour suprême, le profil de culpabilité lié au manque de traçabilité des wagons-citernes loués à l’étranger par la société Gatx, pour avoir effectué le transport de marchandises dangereuses en Italie , reste confirmé. Il y a eu 32 morts, de nombreux blessés et brûlures, des incendies et des destructions autour de la gare après le déraillement du wagon au gaz GPL. Par ailleurs, la “valeur de précaution” d’une certaine vitesse de transit dans la gare n’est pas prouvée, “ce profil de culpabilité doit donc être exclu pour l’accusé”. Le train roulait à environ 90 km/h et lors des procès il a été soutenu par les parties civiles que RFI aurait dû imposer une vitesse inférieure, selon certains à 60 km/h.

Mais les juges affirment qu'”il n’a pas été prouvé que la valeur d’une mesure de vitesse donnée ait été acquise dans des connaissances scientifiques et expérientielles”. A cet égard, l’avocate Ambra Giovene, défenseure de Moretti, commente qu'”en treize ans des témoins, des consultants du parquet, des parties civiles n’ont pas été en mesure de prouver l’indémontrable” au sujet de la vitesse, “une accusation sans aucune fondement de l’origine qui donne la mesure des autres “soulignant que” la seule responsabilité de la direction générale était délibérée contre toute évidence, sur laquelle la cour d’appel ne prend pas définitivement position, recourant à un argument formel, le soi- jugement dit progressiste, contrairement même aux arguments du parquet qui écartaient l’existence d’une imposition de la haute direction visant à négliger la sécurité ».



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