Barbara Debusschere est journaliste.
L’automne et l’hiver deviennent froids pour beaucoup de gens, chers à inabordables et autrement sinistres. Celui qui ne peut pas payer la facture d’énergie se retrouve rapidement dans l’univers déprimant des relances, des huissiers et des agences de recouvrement.
Depuis des semaines, les CPAS et les villes et communes constatent que de plus en plus de Belges qui n’auraient jamais pensé cela se tournent vers « l’industrie de la dette ». Ils craignent ou sont déjà aux prises avec une ou plusieurs factures d’énergie qu’ils ne seront pas payées. Les agences de recouvrement font donc des heures supplémentaires.
Bien sûr, celui qui fournit des services ou des biens doit être payé. Mais nous sommes dans une crise énergétique où les producteurs engrangent des profits fabuleux tandis que des factures inabordables et donc impayées poussent structurellement les citoyens dans le rouge.
Ensuite, il faut essayer d’éviter que les gens se retrouvent dans la spirale de la pauvreté à cause d’une ou deux factures. Parce qu’une fois que quelqu’un est là, il est beaucoup plus difficile de le faire sortir à nouveau.
Tout le monde doit se rendre compte que cela peut aller vite. Si vous ne payez pas la facture d’énergie dans les deux semaines, vous recevrez un rappel et après deux semaines supplémentaires une mise en demeure. Si vous n’avez pas encore pu payer, le fournisseur d’énergie peut engager un huissier, une agence de recouvrement ou un avocat. Des frais sont généralement facturés pour chaque étape. Des factures de plusieurs centaines d’euros peuvent monter à plus de mille euros en un rien de temps.
Par ailleurs, l’Association des Villes et Communes flamandes a constaté que quelques centaines d’euros se sont soudainement ajoutés à certaines factures d’avance sans que les fournisseurs ne puissent s’en expliquer. C’est pourquoi l’association demande à juste titre une application avec laquelle les autorités locales et les CPAS puissent calculer eux-mêmes correctement les factures d’acompte.
Les villes et communes flamandes demandent également que le tarif social soit temporairement étendu à un groupe plus large. Que cela soit possible est un point d’interrogation, car cela signifie encore plus de coûts pour le gouvernement. Mais c’est le seul moyen d’empêcher davantage de personnes de sombrer dans les sables mouvants de la pauvreté.
De plus petites interventions peuvent également constituer un tampon, comme le projet de loi proposé par le ministre de l’Économie Pierre-Yves Dermagne (PS) pour rendre le premier rappel de paiement gratuit dans tous les secteurs et la proposition de Vooruit d’exonérer les consommateurs des frais de recouvrement supplémentaires tant qu’ils négocient un plan de versement. .
Mais ce n’est pas qu’une question de sous.
Une autre exigence du VVSG s’adresse aux fournisseurs et coûte zéro euro : être poli et accessible. Cela semble évident, mais trop d’histoires montrent comment les clients reçoivent des SMS menaçants au premier rappel, à la “Attention : payez dans les deux jours ou nous enverrons une agence de recouvrement”. Ensuite, appeler pour clarifier les choses ou pour discuter d’un plan de paiement sur mesure n’est parfois pas envisageable car les services commerciaux sont difficilement accessibles.
Cette approche est plus destinée aux escrocs qu’aux entreprises qui gagnent beaucoup d’argent grâce à leurs clients. D’ailleurs, ça ne marche pas : en revanche, menacer provoque stress et insomnie, pas du coup une cagnotte pleine d’euros. Au milieu de toute la misère, cela devrait s’arrêter tout de suite.

