La Marmolada ? En 15 ans, il pourrait disparaître complètement : au siècle dernier, il a perdu plus de 70 % en surface et plus de 90 % en volume. Mage ? En 14 ans, environ 100 milliards de litres d’eau ont disparu (soit trois fois le volume de la base d’hydravions de Milan). Le glacier de Forni ? Rétraction du front de plus de 40 mètres linéaires dans la dernière année, 400 mètres dans les dix dernières années. Pour ceux qui se soucient des montagnes et de leurs incroyables beautés, le bilan final de la troisième édition de la « Caravane des glaciers », la campagne Legambiente avec le soutien du Comité glaciologique italien, a le même effet qu’un coup de poing dans l’estomac.
Les glaciers de tout l’arc alpin sont menacés
La photographie qui ressort de ce relevé ne laisse aucun doute : les glaciers de tout l’arc alpin je suis en dangeren pleine hémorragie, ces trente dernières années de plus en plus menacée par les effets de crise climatique. Perte de surface et d’épaisseur, ce qui les conduit à se désagréger en corps glaciaires plus petits et à trouver refuge en haute altitude. «Les données recueillies nécessitent sans équivoque un changement de cap immédiat – souligne Giorgio Zampetti, directeur national de Legambiente -. Le pays cesse de courir après l’urgence. Il faut plutôt accélérer les politiques d’atténuation, réduire drastiquement l’utilisation des énergies fossiles et mettre en place un plan concret d’adaptation au changement climatique ». «Ce que nous avons observé et les données que nous avons recueillies au cours de ce voyage pour surveiller l’état de santé de nos Alpes – ajoute Marco Giardino, vice-président du Comité glaciologique italien et de l’Université de Turin – sont très inquiétants, pas seulement d’un point scientifique de vue. Nous posons les pieds sur les glaciers, observons les crevasses qui s’élèvent, les fronts qui reculent, leur grisonnement et les flots croissants d’eau de fonte qui coulent à leur surface. Nous avons comparé ces preuves avec des photographies et des cartes historiques. Nous avons obtenu des données quantitatives indispensables pour interpréter les effets locaux du réchauffement climatique en cours et comprendre quels scénarios futurs sont attendus pour l’environnement de haute altitude et quelles en seront les conséquences sur le paysage et les ressources de notre pays”.
Mont blanc
Menacé, c’est le Mont Blanc : le Mage“l’Himalaya” du Val d’Aoste, qui en 14 ans a perdu environ 100 milliards de litres d’eau (au moins 100 000 000 m³ de glace, soit trois fois le volume de la base d’hydravions de Milan) et le Pré de Barqui depuis 1990 enregistre en moyenne 18 mètres de recul linéaire par an.
Mont Rose
Même sort pour le Mont Rose avec le Glacier d’Indren qui, en deux ans, a enregistré un recul frontal de 64 mètres, 40 seulement l’an dernier, un chiffre jamais enregistré au cours des cinquante dernières années et très préoccupant pour un glacier au-dessus de 3 000 mètres d’altitude.
Lombardie
Et encore le Glacier de Fornien Lombardie : le deuxième géant italien (après Adamello) qui, l’an dernier, a enregistré un recul du front de plus de 40 mètres linéaires, pour un total d’environ 400 mètres au cours des dix dernières années, perdant sa qualification de « Himalayen » en raison de la fragmentation en trois corps glaciaires.

