La “trésorerie” d’épargne accumulée par les ménages pendant la pandémie, notamment sous forme liquide, avec une incidence actuelle des dépôts égale à 110% du revenu disponible, représente une “garantie psychologique” fondamentale qui, dans l’hypothèse d’une baisse de l’inflation au cours de l’année 2023, elle pourra favoriser la résilience de la consommation (la propension à consommer restera inférieure à 1) malgré la perte de pouvoir d’achat causée par une inflation jamais aussi élevée depuis le milieu des années 1980.
Un effet bénéfique qui ne devrait toutefois pas concerner les salariés à faible revenu, car l’épargne supplémentaire a été accumulée principalement par les familles à revenu moyen/élevé. C’est ce que met en lumière le rapport « La liquidité accumulée comme réserve pour lutter contre l’inflation ? », réalisé dans le cadre du projet de recherche Monitor Phase 3, fruit de la collaboration entre la zone d’étude Legacoop et Prometeia.
La propension à épargner a augmenté pendant la pandémie
L’enquête met en évidence comment, pendant la pandémie, la propension à épargner a fortement augmenté (en parallèle d’une baisse de la consommation), avec un quasi-doublement des flux en 2020 par rapport aux moyennes des années précédant la pandémie (de 8,0 % en 2019, égal à 93 milliards, il passe à 15,6 %, soit 175 milliards) et un niveau encore très élevé en 2021 (12,4 %, soit 153 milliards). Un comportement déterminé non seulement par l’impossibilité d’utiliser de nombreux biens et services en raison des fermetures, mais aussi parce que les familles, effrayées par l’exceptionnalité de la situation, ont mis de côté davantage à des fins de précaution, également favorisées par un budget de soutien politique très large dans soutien aux ménages, aux entreprises et à l’emploi. Une tendance qui s’est également poursuivie dans les premiers mois de 2022.
Nouvelle accumulation de liquidités au cours des premiers mois de 2022
Le contexte d’incertitude et les tendances négatives des marchés financiers ont en effet favorisé une nouvelle accumulation de liquidités à des fins de précaution (entre janvier et mai le flux des dépôts s’élevait à 20 milliards), malgré l’inévitable érosion de la valeur de la richesse liquide avec l’augmentation de l’inflation et la poussée vers la consommation pour revenir aux modes de vie d’avant la pandémie.
La classe à revenu variable
L’étude souligne que derrière les données agrégées, il existe des différences très constantes entre les types de familles, notamment en ce qui concerne la classe de revenu. Les familles appartenant aux premiers déciles sont généralement incapables d’épargner et, en tout cas, consacrent une part plus importante de leurs revenus aux dépenses “forcées” (logement, transport, alimentation), là où il y a peu de place pour les dépenses de tourisme et de divertissement, les plus limités pendant les deux années de la pandémie. Et ce sont précisément ces familles qui subissent les effets les plus lourds d’une inflation dont la course, entamée en 2021, s’est poursuivie jusqu’à atteindre 8 % en juin de cette année (puis a diminué d’une décimale, à 7,9 %, en juillet) due pour plus de la moitié à la composante énergétique, mais maintenant largement aussi à l’alimentation et à la composante plus essentielle, avec par exemple une augmentation rapide des prix des services liés au tourisme. Et tandis que de nombreuses entreprises parviennent à se décharger de l’augmentation des coûts en aval, les ménages à revenus fixes subissent une très forte compression de leurs revenus réels, considérant qu’une inflation de 8% en année pleine équivaudrait à la perte d’achat d’électricité. un salaire mensuel.

