Giovanni Falcone n’était pas seulement un grand magistrat, c’était aussi un homme avec une vision très claire de la Justice et une idée très claire de son administration. Ceux qui ont travaillé avec lui sur des enquêtes internationales le savent bien, comme Paolo Bernasconi, aujourd’hui avocat à Lugano mais dans les années 1980 avocat dans le canton du Tessin, qui avec Falcone a démêlé l’enquête internationale Pizza Connection. Antonio Ingroia, ancien procureur du pool anti-mafia qui s’est formé avec Falcone et Paolo Borsellino, le sait aussi.
Le cinquième épisode du podcast “Il Metodo Falcone” – disponible dès aujourd’hui sur le site Sole 24 Ore, Spotify, Apple Podcasts, Amazon Music et toutes les plateformes audio numériques – raconte les talents de stratège du juge d’instruction tué il y a 30 ans dans le massacre de Capaci avec sa femme et trois agents d’escorte, comme le déclare Ingroia lui-même.
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«Falcone était un grand stratège avant d’être un grand, grand enquêteur – dit l’ancien magistrat, aujourd’hui avocat – et dans sa stratégie il avait en tête de mettre en œuvre tous les outils opérationnels, qui n’étaient pas seulement législatifs. Dans les années 90, il a transféré toute son expérience extraordinaire de Palerme à un niveau national et en partie international ».
En fin d’après-midi du 24 février 1992, devant la “Commission d’attribution des bureaux de gestion du CSM”, Falcone propose sa vision de ce que deviendront les structures phares de la lutte contre la mafia : la Direction nationale anti-mafia – pour lequel il a proposé sa propre candidature – et le Département d’enquête anti-mafia. Ce jour-là, Falcone, qui avait été nommé directeur général des affaires criminelles du ministère de la Justice le 27 février 1990, opposera à la ritualité et à la sacralité de l’audience la simplicité d’un projet clair et distinct dans toutes ses parties.

