Non seulement le tourisme mais aussi l’industrie et la fabrication pour relancer l’économie de la Sardaigne. La reprise se profile à l’horizon, mais des réformes et des interventions économiques sont nécessaires pour remettre l’ensemble du système sur les rails. Des concepts que le président de Confindustria Carlo Bonomi a soulignés lors de l’assemblée régionale de Confindustria Sardaigne Sud à l’aéroport de Cagliari Elmas. « Nous continuerons à soutenir l’action du gouvernement, pour que la saison des réformes commence enfin. Le pays est à l’arrêt depuis trop longtemps, il faut réactiver la voie des réformes », dit-il, rappelant aussi « l’énorme dette publique ».
Politique monétaire
“Avec la hausse des taux nous aurons certainement des problèmes, l’augmentation n’est pas la solution, nous avons besoin d’interventions économiques”. Sur l’île où la précarité et la crise se font le plus sentir, la dirigeante de Confindustria parle aussi du salaire minimum qui “n’est pas notre affaire, mais d’autres secteurs”. “Si le gouvernement veut le faire, assumez-le – souligne-t-il -. L’important, c’est qu’il le fasse bien et ne provoque pas de catastrophe en appliquant quelque chose qui ‘affaiblit’ la négociation collective nationale ». Aussi parce que « c’est une proposition de directive européenne, qui devra encore être approuvée par le Parlement du Conseil européen. De plus, il n’y a pas d’obligation de transposition, mais on parle d’un salaire brut de 9 euros de l’heure. Les conventions collectives de Confindustria sont toutes supérieures ».
La crise
Et puis la crise survenue avant même le conflit en Ukraine : « Les matières premières et l’énergie ont augmenté depuis l’an dernier même si la guerre a certainement accentué le ralentissement. 800 milliards ont été dépensés pour ne pas résoudre les problèmes du pays. En effet, nous n’avons eu qu’un doublement des pauvres, passant à 5,6 millions ». La Sardaigne fait également partie de ce scénario, où il faut “revenir à l’attention” pour l’industrie. «Au fil des ans, il a été démontré que l’industrie et la fabrication peuvent se faire ici, et de manière compétitive. Cependant, nous devons créer ces conditions pour que cela se développe. Et les infrastructures sont essentielles pour cela ».
Sardaigne
Des arguments partagés par le président de Confindustria Sardaigne Sud Antonello Argiolas qui souligne combien pour les entrepreneurs sardes il est “d’autant plus indispensable désormais de trouver l’énergie nécessaire pour réagir et mettre en place une trajectoire de croissance”. Et qui doit passer par le dépassement des déséconomies comme l’insularité. «Nos entreprises ne demandent pas et ne veulent pas d’aide. Ils veulent juste être en mesure de rivaliser sur un pied d’égalité avec le reste de l’Italie et de l’Europe ». Maurizio De Pascale, président de Confindustria Sardegna partage également le même avis. « Si nous ne résolvons pas les problèmes de transport et d’énergie, nous ne pourrons pas faire beaucoup de progrès. La question de l’insularité est très importante pour nous – souligne-t-il -. Nous avons besoin d’un mix énergétique : les renouvelables ne résoudront pas tout. Nous sommes toujours sans gaz naturel. Et ce problème s’ajoute à celui des infrastructures et des liaisons : Nuoro est la seule capitale de province sans chemin de fer, nous n’avons pas d’autoroutes ». D’où l’appel à la Région : “Aider l’industrie sarde n’est plus ce qu’elle était avant, mais elle ne doit pas mourir”.

