Propositions du ministère de l’Intérieur sur la loi sur la liberté d’information
Les récentes recherches de MDR révèlent que le ministère fédéral de l’Intérieur (BMI) prévoit des modifications majeures de la loi sur la liberté d’information (IFG), suscitant ainsi une forte réaction de la part de la société civile. Ces propositions incluent l’éventuelle suppression du rôle du commissaire fédéral à la liberté d’information.
Suppression du commissaire à la liberté d’information
Selon un document confidentiel obtenu par MDR Investigativ, le BMI propose d’abolir le paragraphe 12 de l’IFG, qui permet aux citoyens de contacter le commissaire s’ils estiment que leurs droits sont violés. Cela signifierait la disparition d’une instance de contrôle essentielle sur l’application de l’IFG.
Impact sur les journalistes et les parlementaires
Le BMI envisage également de restreindre les droits d’accès à l’information des journalistes et des parlementaires. Les modifications proposées se concentreraient sur l’octroi de droits d’accès à des personnes ayant un intérêt justifié, excluant ainsi ceux qui utilisent déjà le droit à la presse ou le droit parlementaire.
Cette approche soulève des préoccupations majeures : si les journalistes et les députés ne peuvent plus utiliser l’IFG pour demander des documents, ils perdreont l’accès à des informations cruciales, se retrouvant dépendants d’autres canaux d’accès moins garantis.
Identification obligatoire pour les demandes d’information
Une autre proposition du BMI impliquerait l’obligation d’identifier les requérants d’informations. Cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour des plateformes comme “Frag den Staat”, qui aide les citoyens à obtenir des informations officielles. Cela poserait un obstacle supplémentaire à l’exercice des droits d’accès à l’information.
Réactions à ces propositions
Critiques de la société civile
La réaction à ces propositions a été immédiate, avec des milliers de citoyens et plus de 130 organisations de la société civile signant des pétitions contre ces changements. Les critiques soulignent que ces modifications pourraient conduire à une véritable érosion de la transparence administrative.
La position du SPD
Le Parti social-démocrate (SPD), qui fait partie de la coalition au pouvoir, s’est également montré critique. Leur porte-parole a affirmé que les propositions n’avaient pas été concertées avec le SPD et qu’elles risquaient de porter gravement atteinte aux droits d’accès à l’information des citoyens.
Conclusion
Les propositions du ministère de l’Intérieur visent à modifier en profondeur un cadre juridique qui garantit depuis des années la transparence administrative. L’abolition du commissaire à la liberté d’information et les restrictions sur les droits d’accès des journalistes et parlementaires représentent un recul préoccupant pour la démocratie et l’ouverture des institutions. La mobilisation citoyenne et politique sera cruciale dans les mois à venir pour défendre le droit à l’information.

