La décision de l’UE : un coup dur pour LaLiga
Contexte du litige
Des chercheurs belges ont mis en ligne gratuitement les manuscrits de Anne Frank, qui étaient de domaine public en Belgique, mais soumis à des droits d’auteur aux Pays-Bas jusqu’en 2037. En raison de cette différence légale, les chercheurs ont bloqué l’accès aux adresses IP néerlandaises pour respecter la loi. Toutefois, cette mesure a conduit à une poursuite par la fondation détentrice des droits d’auteur, car il était possible de contourner ce géoblocage en utilisant une VPN. L’UE a donc soufflé un vent d’espoir en déclarant que les VPN sont « des outils techniques légitimes ».
Une décision marquante
Le litige, né d’une situation particulière, a abouti à une décision historique. Le Tribunal de justice de l’Union européenne (TJUE) a statué que tant qu’un site utilise des technologies de géoblocage efficaces, il ne peut être tenu responsable de la violation des droits d’auteur simplement parce qu’un utilisateur utilise une VPN pour contourner ces restrictions. Le tribunal a spécifiquement souligné que publier une œuvre du domaine public dans un pays où elle est protégée est loin de constituer une communication au public dans le pays en question, tant que le géoblocage est jugé efficace.
Les VPN : des outils légitimes
Cette décision constituera un précédent important pour la protection des VPN, qui sont désormais explicitement reconnus comme des « outils techniques légitimes » au sein de l’UE. Les titulaires de droits d’auteur ne peuvent plus prétendre que la simple existence de ces outils compromet leurs mesures de sécurité. La responsabilité du géoblocage incombe aux éditeurs et non aux fournisseurs de VPN ou aux utilisateurs.
LaLiga et la bataille en cours
LaLiga, dirigée par Javier Tebas, est quant à elle plongée dans une bataille juridique similaire, ciblant les VPN pour empêcher la diffusion illégale de ses matchs. En février 2026, un tribunal de Córdoba a accordé à LaLiga des mesures contre des VPN tels que NordVPN et ProtonVPN, les forçant à bloquer certaines adresses IP. Ces fournisseurs étaient alors qualifiés d’« intermédiaires technologiques » selon le Règlement sur les services numériques (DSA) européen.
Des complications pour LaLiga
Cependant, des complications sont déjà apparues. NordVPN a contesté les mesures, précisant que les adresses IP associées à des diffusions illégales changent constamment. De plus, le tribunal a rejeté une demande de LaLiga pour imposer des amendes, établissant que bloquer par IP rendrait de nombreux sites légitimes inaccessibles.
Conséquences de la décision de l’UE
Bien que le cas d’Anne Frank soit distinct de celui de LaLiga, la décision de l’UE renforce la position de NordVPN dans ses arguments juridiques. Cela rendra plus difficile pour LaLiga de transférer la responsabilité sur les fournisseurs de VPN, plutôt que sur ceux qui diffusent effectivement les contenus sans droit.
État actuel de la situation
Malgré une victoire préliminaire pour NordVPN, les blocages d’IP ordonnés par LaLiga restent en vigueur. La situation légale demeure incertaine, LaLiga continuant à bloquer des IP de manière indiscriminée, ce qui laisse des millions d’utilisateurs sans accès à des parties légitimes d’Internet.
Une analyse approfondie de cette situation pourrait faire la lumière sur la future régulation des VPN et des droits d’auteur, surtout à l’ère numérique où les frontières deviennent de plus en plus floues.

