Daniel Ortega annonce la fin des élections à Nicaragua

Bientôt, le régime de Nicaragua ne fera plus semblant de respecter des élections. D’après le président Ortega, il n’y aura plus jamais de scrutin. Cette déclaration a été faite lors des célébrations du 47ème anniversaire de la Révolution sandiniste à Managua, où Ortega a exprimé sa conviction que les partis rivaux ne reviendront jamais au pouvoir.

Un discours marquant

Ortega a rassemblé des milliers de partisans, parmi lesquels des fonctionnaires et des enseignants, pour affirmer que la paix ne signifie pas l’absence de guerre. Sa déclaration est claire : « Ici, c’est la fin de l’histoire. Jamais les partis soutenus par les Yankees et les somozistes ne reviendront au pouvoir. » Cette affirmation fait suite à la chute du dictateur Anastasio Somoza, que le mouvement sandiniste d’Ortega a renversé en 1979.

Une démocratie en péril

Depuis près de 20 ans, Ortega gouverne le pays avec l’appui de sa femme, Rosario Murillo, également co-présidente depuis deux ans. Nicaragua n’a jamais été une démocratie véritable, notamment après la répression brutale des manifestations en 2018, qui a poussé plus de 800 000 Nicaraguayens à fuir le pays par crainte de représailles.

Les ONG et les médias sont soumis à un contrôle sévère, tandis que les voix dissidentes, comme celle de Dora María Tellez, ancienne commandante de la Révolution, sont souvent réduites au silence. Tellez, désormais en exil, déclare que l’annonce de la suppression des élections révèle l’insécurité croissante d’Ortega, qui n’a plus confiance en sa propre base de soutien.

L’impact international

Tensions croissantes avec les États-Unis

Depuis les élections de 2021, Ortega a neutralisé tous ses adversaires politiques, consolidant ainsi son emprise sur le pays. Avec la pression croissante des États-Unis pour la tenue d’élections libres, la réaction d’Ortega pourrait entraîner des troubles supplémentaires. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a condamné ces développements avec vigueur.

D’autres acteurs internationaux, comme le Venezuela et Cuba, entrent également en jeu, exacerbant les craintes d’Ortega concernant un possible coup d’État. Tellez note une agitation croissante au sein de l’armée, laissant présager que le régime pourrait rencontrer des défis internes de plus en plus sérieux.

Un avenir incertain

Confronté à des problèmes de santé et à une gouvernance de plus en plus autocratique, Ortega, 80 ans, semble de plus en plus affaibli. Bien que les signes d’une démocratie en devenir aient été effacés, les choix qu’il fait aujourd’hui pourraient déterminer l’avenir du pays. Sa co-présidente, Murillo, 75 ans, a également renforcé ses pouvoirs, mais sa gouvernance impulsive pourrait lui coûter le soutien populaire.

La perspective de l’absence d’élections au Nicaragua soulève des questions sur le futur politique et économique du pays. Ortega et Murillo pourraient être contraints de s’isoler encore davantage face aux critiques internes et externes.

Cette situation complexe et tendue, reflet d’un passé révolutionnaire mais aussi d’une démocratie fragmentée, requiert une attention continue. La communauté internationale et le peuple nicaraguayen attendent maintenant les actions futures du régime.



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