Le Conflit : Chiquito de la Calzada vs. Lucas Grijander

Florentino Fernández, en tant que Lucas Grijander, et Chiquito de la Calzada, chacun s’exprimant depuis leurs villes respectives, ont captivé l’Espagne dans les années 90 avec un procès atypique. Même après trois décennies, l’issue de cette affaire reste un mystère, laissant les protagonistes dans l’incertitude quant à son dénouement.

Le Clone de Chiquito

Le 18 septembre 1995, le programme télévisé ‘Esta noche cruzamos el Mississippi’, animé par Pepe Navarro, a vu l’apparition de Lucas Grijander. Ce personnage, campé par Florentino Fernández, n’était pas qu’une simple imitation ; il se présentait comme un fervent disciple de Chiquito, copiants fidèlement ses gestuelles et son langage unique. Chiquito, alors en plein essor après avoir émergé comme humoriste à 60 ans, a rapidement décidé de porter l’affaire devant les tribunaux.

Une Imitation Franchissant les Limites

Grijander n’était pas un simple caricaturiste ; il vivait dans une « république fictive » baptisée Chiquitistán. Il empruntait sans vergogne des répliques de Chiquito, utilisant des phrases cultes telles que “Hasta luego Lucas” et ses fameuses mules, tout en arborant les chemises flashy caractéristiques. Ce plagiat présumé a remarquablement contribué à transformer Chiquito en icône pop, à tel point que le personnage de Grijander a engendré une autre figure comique, Crispín Klander.

Le Documentaire Révélateur

Ce procès et l’impact de ces personnages sont analysés dans le documentaire à venir de Movistar+, ‘El otro Chiquito’. Réalisé par Javier Morales et Juan Zavala, il met en lumière la montée de Chiquito dans une Espagne post-1992 avide de fraîcheur humoristique. À une époque où les chaînes privées cherchaient désespérément des contenus attractifs, la question reste : était-ce du plagiat ou une création originale de Florentino, faisant de Grijander un « autre Chiquito » ?

La Réaction de Florentino Fernández

En 2017, à l’occasion des 85 ans de Chiquito, Florentino Fernández a évoqué ce procès lors de l’émission ‘Dani & Flo’. Il a soigneusement évité le terme “plagiat”, parlant plutôt de “suplantation”, mentionnant que la plainte couvrait également Crispín Klander. Ce procès a comporté des moments aussi loufoques que comiques, comme cette fameuse question du juge : “lago negro, lago blanco”. Malgré les tensions, Fernández a assuré qu’une résolution amicale avait été trouvée, tout en laissant planer le doute sur une éventuelle compensation pour Chiquito.

Une Ombre Persistante

Ce flou juridique autour du procès a intrigué de nombreux analystes. Morales et Zavala qualifient ce conflit de « blessure » persistante pour Chiquito, n’ayant jamais trouvé de conclusion satisfaisante. Ce cas reste l’un des grands mystères judiciaires de l’Espagne moderne, témoignant de la complexité de la carrière de l’humoriste emblématique qui aura marqué la télévision espagnole. La légende de Chiquito de la Calzada, dans toute son excentricité, ne cesse de fasciner. Puro Celtiberia Show.



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