Une vision extrême du travail : le cas de Daksh Gupta et la culture 996

La polémique autour de la culture 996

En fin d’année 2024, Daksh Gupta, le PDG d’une startup d’IA à Silicon Valley, a suscité un débat intense avec un tweet controversé. Il y partageait que son entreprise ne proposait aucune forme de conciliation entre vie professionnelle et personnelle, et qu’il recherchait des employés prêts à s’engager à plein temps, au point de travailler jusqu’à 100 heures par semaine, week-ends inclus. Ce commentaire n’a pas tardé à faire réagir la communauté tech.

Le contexte et les réactions

Gupta, dans une déclaration relayée par Inc.com, affirmait que dans un marché hypercompétitif, “si tu t’efforces à 95%, c’est comme si tu ne t’efforçais pas du tout”. Ses propos ont exacerbé les critiques, mais aussi le soutien de certains qui cherchent à se démarquer dans un secteur où la performance est reine.

Un faux pas dans la communication

Au fil du temps, Gupta a tenté de clarifier ses propos lors d’une intervention dans le podcast The Peel avec Turner Novak. Il a expliqué que l’idée du modèle “996” (travailler de 9h à 21h, six jours par semaine) ne représentait pas une norme imposée dans sa société, mais plutôt une tendance qu’il avait évoquée dans une interview. Ce qui avait été mal compris et amplifié, résumant les comportements des jeunes fondateurs à Silicon Valley.

Un modèle de travail comme un “produit”

Dans sa conception, Gupta présente l’idée que le travail au sein de sa startup est un produit. En échange d’un salaire attractif et de conditions de travail peu communes pour une startup, il exige des employés une diligence totale. Il se positionne ainsi comme un entrepreneur transparent, aidant les candidats à évaluer ce qu’ils peuvent attendre et à accepter les défis qui les attendent.

La question des heures excessives

Gupta n’est pas le seul à prôner des semaines de travail intensives. D’autres figures de la tech à Silicon Valley, telles que Lucy Guo, soutiennent également que des semaines de 90 heures devraient être la norme. Cette pression à travailler plus s’inscrit dans un contexte où la culture du surmenage est souvent associée à la réussite.

Un modèle controversé face à l’évolution du marché

Curieusement, alors que la Chine a pris des mesures légales pour interdire le modèle 996, le secteur tech américain semble le raviver. Cinq ans après que le modèle a été déclaré illégal en Chine, Silicon Valley se retrouve piégé dans cette dynamique, malgré les morts tragiques liées à un épuisement excessif.

Le revers de la médaille

Tous ne partagent pas cette philosophie. Des investisseurs comme Suranga Chandratillake critiquent cette exigence de surmenage, la considérant comme une pression exercée par des investisseurs en quête de retour sur investissement rapide. De plus, des études comme celles de CB Insights montrent que l’épuisement des équipes fondatrices est l’un des facteurs contribuant à l’échec de nombreuses startups.

Conclusion : Vers quel avenir ?

Alors que des entreprises comme OpenAI explorent des semaines de travail de quatre jours, les voix s’élèvent contre l’exigence croissante de longues heures de travail. L’impasse actuelle laisse les professionnels dans l’incertitude, oscillant entre la quête de succès et la nécessité de préserver leur santé mentale et physique.



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