La réalité du déplacement forcé en Honduras
Le Honduras est confronté à une crise humanitaire inquiétante résultant du déplacement forcé interne. Selon le dernier rapport spécial sur le déplacement forcé interne 2025, présenté par le Commissaire national des droits de l’homme (CONADEH) et soutenu par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (ACNUR), pas moins de 24 864 personnes ont été affectées par ce phénomène au cours de la dernière décennie.
Les causes du déplacement forcé
Entre 2016 et 2025, 10 077 plaintes liées au déplacement forcé interne ont été enregistrées. Les cas traités par l’unité de déplacement forcé interne témoignent des causes, des populations les plus vulnérables et des zones les plus touchées. Blanca Izaguirre, responsable de l’organisme, insiste sur le fait que ces chiffres représentent des histoires humaines, des familles contraintes de tout abandonner pour échapper à la violence.
Katrin Lou, représentante d’ACNUR au Honduras, souligne le problème du sous-enregistrement des cas, beaucoup de victimes craignant de se manifester en raison des menaces persistantes de leurs agresseurs. Par conséquent, beaucoup ignorent l’existence de mécanismes de protection ou ne savent pas comment y accéder.
Les types de menaces
Le rapport met en lumière que les menaces sont le principal facteur de déplacement forcé, représentant 40 % des plaintes traitées. Les autres motifs incluent :
- Tentatives d’homicide : 10 %
- Violence domestique et meurtres de proches : 9 % chacun
- Extorsion : 6 %
Cette diversité de menaces montre que le déplacement ne résulte pas d’un seul type de violence, mais d’une combinaison de multiples formes de violence poussant les gens à fuir leurs communautés.
Données alarmantes pour 2025
En 2025, 676 plaintes ont été formulées, touchant 1 406 personnes. Parmi elles, 70 % étaient encore en danger de déplacement, tandis que 30 % avaient déjà quitté leur lieu de résidence. ACNUR indique que ces chiffres révèlent la persistance du déplacement et soulignent la nécessité de renforcer les efforts de prévention.
Les femmes composent 51 % des personnes aidées, tandis que les hommes représentent 49 %. De plus, le rapport fait état de 245 enfants et adolescents vulnérables, ainsi que de cas impliquant des individus LGBTIQ+, des personnes handicapées, et des membres de communautés indigènes et afro-honduriennes.
Les disparités géographiques
Le rapport identifie le département de Francisco Morazán comme le plus touché, représentant 22 % des plaintes, suivi de Cortés (16 %), Choluteca (11 %), et d’autres régions. À l’échelle municipale, le District Central, San Pedro Sula, Choluteca, La Ceiba et Juticalpa regroupent le plus d’affectés.
Appels à l’action
Katrin Lou rappelle l’importance de la Loi de prévention, protection et réponse aux personnes déplacées par la violence. La mise en œuvre effective de ce cadre juridique reste un défi, nécessitant des ressources adéquates afin d’assurer des mesures de protection. Chaque cas de déplacement nécessite une réponse ciblée et coordonnée des institutions compétentes.
Les mots de Lou sont clairs : l’urgence est d’agir pour garantir la sécurité des victimes et d’éviter que d’autres familles ne perdent leur foyer face à la violence. Le Honduras a besoin d’un engagement solide pour atténuer ce phénomène croissant de déplacement forcé.

