“Les classes supérieures consacrent leur temps libre à des sports ou à des activités qui comportent souvent des risques étranges. (…) Aux classes supérieures du libéralisme, parmi lesquelles il n’y a pas d’ouvriers, aiment toute activité de loisir qui défie le temps, l’un des capitaux dont elles disposent en abondance. L’une des façons de défier le temps est la vitesse. Par ailleurs, la vitesse (qui n’a rien à voir avec la précipitation) est synonyme de statut“.
Raquel Peláez dans Je veux et je ne peux pas: une histoire des riches en Espagne.
Les Débuts d’Enzo Ferrari
Enzo Ferrari est né à la fin du XIXe siècle, en 1898, à Modène. Cette période a sans doute influencé profondément sa vision des automobiles comme symbole de liberté. À l’âge de dix ans, il assiste à sa première course automobile en 1908, marquant le début d’une passion qui le conduira à travers des épreuves personnelles et professionnelles majeures, notamment la perte de sa famille et son service militaire durant la Grande Guerre.
Un Début Prometteur
Dès son enfance, Enzo démontre un talent pour la mécanique. Après avoir échoué à intégrer Fiat, il se tourne vers Alfa Romeo, où il commence sa carrière de pilote. Il remporte plusieurs courses, affirmant sa place dans le monde de la compétition automobile. Cela lui permet, à terme, de fonder sa propre équipe, La Scuderia.
Une Époque de Vitesse et de Risque
Ferrari évolue dans un monde qui célèbre la vitesse. Les années 1920 voient l’émergence de courses emblématiques comme les 24 Heures du Mans et la Mille Miglia. Les classes privilégiées sont fascinées par cette quête de vitesse, en partie pour démontrer leur statut social. Thorstein Veblen, dans sa Théorie de la classe oisive, évoque cette nécessité de montrer sa richesse à travers des activités ostentatoires, comme la conduite à grande vitesse.
Un Amour de la Vitesse
La vitesse est devenue un concept exaltant qui transcende la simple performance. Des pilotes comme Alfonso de Portago incarnent cette quête de liberté, même si la tragédie frappe le sport avec des accidents mortels, remettant en question la sécurité des compétitions.
La Philosophie Ferrari
Enzo Ferrari a déclaré: “J’ai choisi les automobiles comme symbole de liberté extrême pour l’homme”. Cette phrase résume parfaitement ce que la marque Ferrari représente. Enzo conçoit la vitesse et le risque comme des éléments intrinsèques à son produit, attirant une clientèle aisée désireuse de démontrer sa puissance. Ainsi, Ferrari s’impose comme un acteur majeur dans le monde des supercars, alliant élégance et performance à des prix inaccessibles.
Un Héritage Complexe
La mort tragique de Portago soulève des questions éthiques autour du sport automobile, mais Enzo Ferrari continue d’exploiter cette fascination. Tout en développant des voitures extraordinaires, il crée un sentiment d’exclusivité, vendant toujours une voiture de moins que la demande. Cette stratégie renforce l’aura de Ferrari et alimente le désir de liberté parmi les classes supérieures.
Enzo Ferrari, un visionnaire qui a su transformer la passion pour les automobiles en un véritable emblème de liberté. Dans un monde où la vitesse est synonyme de statut, la marque Ferrari s’affirme comme un symbole de désir et d’extase sur la route.

