Une destinée marquée par la fortune et le déclin
La vie de Nelson Bunker Hunt est un exemple saisissant de la vitesse à laquelle la richesse peut s’évaporer. En l’espace de quelques années, cet homme a connu deux fois la chute vertigineuse vers la pauvreté en raison de circonstances conformes à un coup du sort. Bien qu’il ait été l’homme le plus riche du monde dans les années 70 et 80, son nom est aujourd’hui souvent oublié.
Les débuts prometteurs à la recherche de l’or noir
Né en 1926 à El Dorado, Arkansas, Nelson Hunt était le fils d’H.L. Hunt, un magnat du pétrole. Dès son jeune âge, il nourrissait l’ambition d’égaler, voire de surpasser son père. Les premières tentatives pour percer dans le secteur pétrolier en Arabie Saoudite et au Pakistan se sont soldées par des échecs. Cependant, en 1961, il frappa à la bonne porte en Libye, acquérant les droits d’exploitation du gisement de Sarir, le plus grand champ pétrolier du pays.
La montée irrésistible vers la richesse
Cette découverte le transforma en multimillionnaire du jour au lendemain. Entre la fin des années 70 et le début des années 80, Nelson Hunt accumula une immense fortune grâce à un marché pétrolier florissant. Mais un évènement inattendu allait tout bouleverser.
La chute brutale
La nationalisation par Gaddafi
En 1973, Muammar al-Gaddafi, un colonel militaire, prit le pouvoir en Libye. En un clin d’œil, il nationalisa tous les champs pétrolifères, y compris ceux de Nelson Hunt. Ce revirement de situation coûtait à Hunt sa précieuse source de revenus et marquait le début de son déclin. Il avait investi dans des actifs qui, en un instant, s’étaient volatilisés.
Une nouvelle stratégie : l’argent comme refuge
Refusant de se laisser abattre, Hunt décida de réinvestir ce qui restait de sa fortune dans le secteur de l’argent. Avec ses frères, il commença à accumuler des réserves de métal précieux, faisant ainsi grimper le prix de l’argent à des niveaux records. Paradoxalement, ce qui devait être une couverture contre l’inflation devint une obsession, et Hunt finit par contrôler un tiers du marché mondial de l’argent.
Les déboires du « Jeudi d’Argent »
Un événement cataclysmique
Le 27 mars 1980, connu sous le nom de « Jeudi d’Argent », le prix de l’argent s’effondra. La fortune d’une valeur dépassant 4,5 milliards de dollars s’est rapidement transformée en une dette de 1,7 milliard. Cette fois-ci, Hunt n’avait pas seulement perdu de l’argent, il avait mis en péril une grande partie de Wall Street, entraînant une réaction en chaîne dans le secteur bancaire.
La déclaration de faillite
Après des années de litiges, Hunt se déclara en faillite en 1988. Son patrimoine, évalué à seulement 150 millions de dollars, fut liquidé pour régler ses dettes. Il dut même vendre ses précieuses étalons de pure race. Ainsi se termina la légende de Nelson Bunker Hunt, un homme qui, de son vivant, avait connu la richesse extrême et la ruine, deux fois.
Un héritage contrasté
Bien que l’histoire de Nelson Hunt soit marquée par ses pertes, elle offre une lecture intéressante des hauts et des bas inhérents à la quête de richesse. À la différence de son frère Herbert, qui tira parti de la frénésie pétrolière de Bakken et accumula une fortune considérable, Nelson reste dans les mémoires comme un symbole de ce que le destin peut réserver. Sa vie nous rappelle que souvent, la fortune et le malheur vont de pair, et que la chance peut faire basculer une vie de l’aisance à l’échec en un instant.

