Début des Funérailles pour Ali Chamenei en Iran
À partir d’aujourd’hui, les cérémonies funéraires pour l’ayatollah Ali Chamenei commencent à Téhéran, prévues pour durer plusieurs jours. Des millions de personnes sont attendues pour rendre hommage à ce dirigeant politique et religieux, tué fin février lors d’une attaque aérienne orchestrée par Israël et les États-Unis.
Un hommage controversé
Bien que les autorités iraniennes aient annoncé plusieurs jours de célébration, beaucoup de citoyens expriment des réserves sur cette orchestrée mise en scène. Les funérailles culmineront avec une grande procession à Téhéran, suivie d’une cérémonie à Qom, avant la mise en terre au sanctuaire Imam-Reza à Mashhad, sa ville natale. De plus, des journées de congé supplémentaire ont été décrétées pour permettre à la population de participer.
Une organisation méticuleuse
La cérémonie de deuil sera principalement centrée autour de la nouvelle mosquée Mosalla à Téhéran, l’une des plus grandes au monde. Une reporter de l’État a décrit cet événement comme “le lieu le plus fréquenté au monde”. Après deux jours de recueillement à la mosquée, une procession traversera Téhéran, avant de se diriger vers Qom, une ville sainte pour les chiites, puis vers l’Irak et de revenir en Iran pour la dernière cérémonie.
Conditions climatiques difficiles et restrictions
Les organisateurs prévoient que des millions de participants rejoignent les cérémonies à Téhéran. Ils recommandent uniquement aux personnes en bonne santé de se présenter, compte tenu des températures pouvant atteindre 40 degrés Celsius. À titre de précaution, un hôpital de campagne de 200 lits a été monté à proximité de la mosquée.
Absence de représentants européens
Bien que des dignitaires internationaux soient attendus, comme l’ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, les Européens ne sont pas invités. Cette décision est justifiée par des déclarations des autorités iraniennes, affirmant que l’Europe a pris position contre l’Iran durant les attaques récentes.
Des voix dissonantes parmi la population
Malgré cet effort de mise en scène, une grande partie des Iraniens se montre sceptique. Beaucoup se distancient des cérémonies, réclamant que leur participation ne changerait en rien leur situation économique précaire. Des citoyens comme Farzane, ancien professeur, affirment qu’ils ne croient pas que leur présence pourrait améliorer la crise actuelle des coûts de la vie ou l’inflation : “Je ne vais pas participer, car cela ne fera aucune différence.”
Des critiques envers un régime impopulaire
Les critiques se font également entendre parmi des travailleurs, comme Ali, un coiffeur de 50 ans, qui remet en cause le régime, le tenant responsable des difficultés économiques. Il refuse de participer à la procession, préférant ne pas cautionner ce qu’il considère comme une simulation peu authentique de soutien populaire.
Alors que l’Iran se prépare pour ce qui devient un événement à la fois festif et tragique, la dichotomie entre la représentation officielle et les sentiments populaires ressort de plus en plus. Les funérailles de Chamenei, prévues jusqu’à après le 4 juillet, coïncident également avec le 250ème anniversaire de l’Indépendance des États-Unis, soulignant par là même les tensions géopolitiques persistantes.

