La saga valencienne, qui a bâti sa fortune sur l’embouteillage de boissons gazeuses, fait un bond technologique impressionnant : la création d’une usine de puces qui utilisent la lumière au lieu des électrons, soutenue par près de 25 millions d’euros de fonds publics.
La panoramique générale
Attypics Photonics, entreprise contrôlée à 100 % par Baladre Capital, a reçu près de 25 millions d’euros de financement public, comme l’a rapporté El Confidencial. Cette société, gérée par Álvaro Gómez-Trénor, conseiller de Coca-Cola Europacific Partners, prévoit d’investir un total de 50 millions d’euros pour établir une usine de chips photoniques à Paterna, à quelques kilomètres de la capitale valencienne. Le projet est soutenu à hauteur de 49 % par le programme Perte Chip, qui fait partie des fonds Next Generation.
Le contexte historique
La famille Gómez-Trénor est bien connue dans la haute société valencienne, avec une histoire de deux siècles remontant à Thomas Trenor Keating, un irlandais qui a fondé la Banca Trenor et s’est diversifié dans l’agroalimentaire. Aujourd’hui, neuf générations plus tard, ils détiennent des titres de noblesse, des propriétés historiques et jouent un rôle de premier plan dans l’économie locale.
Le projet Attypics
Fondée en avril 2026 par un groupe de chercheurs de l’Université Polytechnique de Valence, Attypics se spécialise dans la fabrication de chips photoniques. Ce type de technologie utilise la lumière pour traiter et transmettre des données, offrant ainsi une plus grande vitesse et une consommation d’énergie réduite.
Attypics aspire à devenir le leader privé en Europe dans le modèle Lab-to-Fab (du laboratoire à la production), en couvrant tout, du prototypage à la fabrication de disques de 200 à 300 millimètres.
- La première phase prévoit 1.240 mètres carrés d’espaces propres et la création de 100 emplois directs.
- La seconde phase étendra les installations à plus de 7.500 mètres carrés et créera plus de 300 emplois.

Importance des chips photoniques
Les chips photoniques sont considérés comme essentiels pour les centres de données d’intelligence artificielle, les télécommunications quantiques et la computational haute performance. Face à la volonté de l’Europe de réduire sa dépendance envers l’Asie et les États-Unis pour la production de semi-conducteurs, le projet Attypics représente un tournant. L’engagement financier d’une famille déjà bien établie dans le capital souligne une vision à long terme pour l’avenir technologique.
Défis à relever
Cependant, Attypics n’existe que depuis trois mois. Le domaine de la photonica intégrée présente des défis significatifs et la dépendance au programme Perte Chip pourrait exposer l’entreprise aux aléas de la bureaucratie et à la gestion des fonds européens, dont l’historique en Espagne est mitigé.
La famille Gómez-Trénor, habituée à percevoir des dividendes plutôt qu’à gérer des usines de semi-conducteurs, sera mise à l’épreuve. Ils doivent prouver que leur partenariat avec l’Université Polytechnique de Valence peut évoluer vers un modèle économique viable indépendamment du soutien universitaire.
Pour réaliser ses ambitions, Attypics devra convaincre les investisseurs et la communauté scientifique de ses capacités à transitionner de l’innovation universitaire à la production industrielle.

