La situation de la monarchie à Liechtenstein

Le Principauté de Liechtenstein se présente comme une monarchie constitutionnelle héréditaire fondée sur des bases démocratiques et parlementaires. Toutefois, il s’agit également de la dernière nation cuasiabsolutiste d’Europe. Le prince Alois de Liechtenstein, qui exerce des pouvoirs étendus—comme la nomination de juges et le veto des lois—se montre particulièrement ferme sur des questions sociales délicates, en particulier celle de l’avortement.

Une législation avortement restrictive

Liechtenstein possède l’une des législations les plus restrictives d’Europe en matière d’avortement. Actuellement, cette pratique est illégale sauf dans des cas très précis, tels que les violations ou lorsque la vie de la mère est en danger. Les médecins risquent jusqu’à trois ans de prison pour avoir participé à une interruption volontaire de grossesse. De plus, il leur est interdit d’informer sur les procédures d’avortement.

La campagne pour la décriminalisation de l’avortement

Face à cette législation, des organisations féministes ont lancé une initiative populaire visant à décriminer l’avortement. Leur proposition inclut la légalisation de l’avortement durant les 12 premières semaines de grossesse, la levée des restrictions sur l’information dans les centres de santé, ainsi que la prise en charge des coûts par l’assurance santé.

Récemment, le Landtag (parlement) a jugé la proposition constitutionnelle, et bien que les chances qu’elle soit ratifiée soient minces, un comité de citoyens s’active à recueillir 1 000 signatures pour forcer un référendum national.

La position du prince Alois

Le prince Alois a déjà fait savoir qu’il userait de son droit de veto si la mesure allait de l’avant. Dans une déclaration, il a affirmé que l’État se désengagerait de la responsabilité de protéger la vie non née en réglementant le délai d’interruption de grossesse. Une position qui témoigne de l’influence persistante de la monarchie dans les affaires législatives du pays.

L’influence de l’Église catholique

La tension autour de la question de l’avortement est exacerbée par la forte influence de l’Église catholique en principauté. Selon la Constitution de 1921, cette Église est reconnue comme l’« Église nationale », et près de 70 % de la population est catholique. Pourtant, malgré les lois restrictives, des statistiques indiquent que quarante femmes par an se rendent à l’étranger, notamment en Suisse, pour avorter, soulignant ainsi l’hypocrisie de la situation.

Des précédents en Europe

Ce conflit entre convictions religieuses et pression populaire n’est pas unique à Liechtenstein. On peut se souvenir d’autres cas en Europe où des monarques ont exprimé des réserves semblables. En 2011, un référendum signé de 52,3 % contre la décriminalisation de l’avortement à Liechtenstein a révélé une faible participation—due à la connaissance préalable de l’inutilité de ce vote face au pouvoir de veto royal.

En somme, le principauté continue de naviguer entre traditions dévouées à la foi et pressions modernes sur les droits des femmes. Les voix s’élèvent pour un changement, mais l’avenir reste incertain, surtout avec l’omniprésence d’un prince déterminé à défendre son pouvoir.



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