La quête identitaire d’Harry Daniel Guallart : Mon témoignage sur les thérapies de conversion

Une vocation perturbée par des attentes sociétales

Harry Daniel Guallart, un jeune homme de Valence, fait face à un dilemme intérieur grave. À l’âge de 15 ans, il découvre sa vocation religieuse lors d’une rencontre avec les sœurs de l’ordre Iesu Communio. Cependant, sa bisexualité devient une barrière qu’il ne sait pas comment surmonter. Pensant qu’il ne peut être moine en raison de son orientation sexuelle, il commence une quête désespérée pour “devenir hétéro” afin de réaliser son rêve.

L’enfer des thérapies de conversion

C’est alors qu’il rencontre une psychologue, proche de sa famille, spécialisée en éducation affectivo-sexuelle. Au lieu de l’aider à comprendre que son orientation ne l’empêcherait pas de mener une vie religieuse, elle le soumet à des thérapies de conversion. Pendant près de deux ans, Harry doit payer 80 euros par séance pour un traitement qui promet de changer sa sexualité. En Espagne, ces pratiques sont encore légales à l’époque, avant leur interdiction en 2018 à Valence et leur possibilité de sanctions pénales en 2023.

Dommages irréparables

Dans son témoignage, Harry explique : “Ces séances m’ont volé mon adolescence.” Il ressent encore aujourd’hui les effets de cette expérience traumatique. “Si j’avais consulté un spécialiste adéquat, j’aurais réalisé bien plus tôt que j’étais un homme trans bisexuel,” admet-il. La psychologue lui ordonne également de s’éloigner de toute personne du milieu LGTBIQ+, ce qui le plonge dans l’isolement.

La découverte de soi à travers la fiction

Malgré l’isolement, Harry parvient à échapper à ce cycle destructeur grâce à des fanfictions lesbiennes, qui lui ouvrent les yeux sur sa propre identité. “Je n’ai jamais pu me couper complètement de la communauté LGTBIQ+, et c’est ce qui m’a aidé à sortir de cette situation,” témoigne-t-il.

Un appel à l’action

Bien qu’Harry ne puisse plus porter plainte en raison de la prescription des preuves, il s’inquiète de savoir que sa psychologue continue de traiter d’autres personnes. Il souligne le besoin d’une véritable réforme pour protéger les victimes de ces pratiques. “Ce n’est pas mon histoire qui importe, mais celle de toutes les personnes qui ont été blessées. Ces professionnels doivent être tenus responsables,” explique-t-il.

Une lumière au bout du tunnel

Aujourd’hui, Harry vit plus authentiquement son identité de jeune homme trans et se considère agnostique. Il salue les progrès législatifs récents, qui imposent des peines de prison pour ceux qui continuent à promouvoir ces thérapies. Cependant, il note que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour protéger les futurs victimes.

Conclusion : la lutte continue

Harry conclut en disant que la lutte est loin d’être terminée tant que des partis comme Vox minimisent le traumatisme causé par ces pratiques et remettent en question les droits LGTBI. Son histoire est un appel à la sensibilisation et à la lutte contre les préjugés, ainsi qu’un espoir pour les futures générations.



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