Scandale Diplomatique après l’Approbation d’un Cable Sous-Marin entre le Chili et la Chine

Depuis des décennies, le Chili recherche une réduction de sa dépendance numérique vis-à-vis de l’Amérique du Nord. L’arrivée de China Mobile comme alternative semblait être la solution idéale avec un projet de câble sous-marin reliant Valparaíso à Hong Kong. Cependant, cette initiative a déclenché une crise géopolitique majeure, provoquant une réaction sévère de la part des États-Unis.

Une Dépendance Douloureuse

La quasi-totalité de l’infrastructure de câbles sous-marins qui relie le Chili au reste du monde traverse le territoire américain ou appartient à des entreprises technologiques nord-américaines telles que Google et Amazon. En cherchant à établir une liaison directe avec l’Asie, le Chili s’est heurté à une seule option : passer par la Chine, ce qui a déclenché l’alerte à Washington.

Négociations Critiques

China Mobile a proposé un investissement de 500 millions de dollars pour installer un câble sous-marin d’environ 20 000 kilomètres entre Concón et Hong Kong, baptisé Chile-China Express. Ce projet représenterait la première connexion de données transpacifique entre l’Amérique Latine et l’Asie sans passer par l’Amérique du Nord, et le ministère des Télécommunications chilien a approuvé la proposition en janvier dernier.

La Réaction des États-Unis

Deux jours après la signature du décret de concession, le ministère chilien a annulé son approbation en invoquant un “erreur technique”. Des fonctionnaires chiliens ont été convoqués d’urgence à l’ambassade américaine à Santiago. Les sanctions ultérieures, notamment l’annulation de visas du ministre des Transports, Juan Carlos Muñoz, ont été justifiées par des préoccupations de sécurité nationale.

Les Justifications du Chili

Pour le Chili, l’évaluation du projet était un processus standard, visant à diversifier les sources de communication pour éviter les coupures dues à des tensions géopolitiques. Des voix critiques, comme celle de Jorge Heine, un ancien diplomate, ont souligné que les sanctions américaines interfèrent avec la souveraineté chilienne.

Le Nouveau Président et la Complexité de la Situation

Le changement de gouvernement en mars a compliqué davantage le dossier. L’ancien président Gabriel Boric avait annulé l’approbation du projet face aux menaces américaines. Son successeur, José Antonio Kast, doit jongler entre le maintien de bonnes relations avec la Chine, son principal partenaire commercial, tout en apaisant les inquiétudes américaines.

Vers une Position Nuancée

Le gouvernement de Kast a d’abord rejeté l’idée d’un câble chinois, arguant que le projet Humboldt de Google, connecté à l’Australie en 2027, rendait ce câble inutile. Toutefois, des membres du gouvernement ont récemment avoué que le projet de China Mobile est toujours en évaluation.

Les Enjeux Géopolitiques de Long Terme

Alors que la Chine s’étend dans le domaine numérique en Amérique Latine, Washington considère ces mouvements comme une menace à son influence dans la région. Le Chili, face à ces défis, doit envisager une approche qui ne repose pas uniquement sur des alliances avec les grandes puissances. Aisén Etcheverry, ancienne ministre de la Science, a souligné la nécessité de développer des capacités domestiques pour ne pas dépendre exclusivement des États-Unis ou de la Chine.

En conclusion, le Chili se trouve à un carrefour géopolitique. La gestion de cette situation délicate pourrait redéfinir ses relations diplomatiques à long terme, en aspirant à une autonomie numérique suffisante pour naviguer dans un monde de plus en plus polarisé.



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