Les traumatismes des soldats : l’ombre des missions à l’étranger
Les soldats, souvent célébrés pour leur courage, subissent parfois des séquelles psychologiques bien après leurs missions. Aujourd’hui, des vétérans attirent l’attention sur le fait que les conséquences sur leur santé mentale sont trop souvent négligées.
Panic Attack : un fardeau invisible
Bernhard Drescher, ancien soldat de la Bundeswehr, témoigne : « En service, on fonctionne, il n’y a pas de place pour les émotions. » Après de nombreuses missions à l’étranger, notamment en Kosovo et en Macédoine, Drescher a été confronté à des attaques de panique des années plus tard. Face à l’incompréhension des médecins militaires qui lui affirmaient être en bonne santé, il a finalement trouvé le soutien nécessaire dans une thérapie, démontrant ainsi la lenteur et la complexité du parcours de soin.
Un parcours semé d’embûches
La transition vers la vie civile peut s’apparenter à un « combat administratif » pour de nombreux vétérans. Selon Drescher, ceux qui n’ont plus de lien avec la Bundeswehr ont souvent du mal à trouver une aide adéquate. La bureaucratie reste un obstacle majeur et le retour au service, bien que possible, requiert beaucoup d’efforts, aggravant le sentiment d’isolement.
Une reconnaissance difficile
Dunja Neukam, ancienne soldate, partage cette inquiétude. Elle souligne que la stigmatisation autour des problèmes mentaux persiste, les vétérans étant souvent questionnés sur des traumatismes d’enfance plutôt que sur les effets de leurs missions. Environ 30 % des demandes de reconnaissance de lésions liées au service en raison de troubles psychiques sont rejetées. Cela crée un cercle vicieux où de nombreux soldats luttent pour obtenir la reconnaissance dont ils ont besoin.
Les stéréotypes de l’image du soldat
Avec une évolution positive dans la prise en charge des maladies mentales, des efforts restent nécessaires. Les stéréotypes de force et de résilience constituent un frein à l’acceptation de la souffrance psychologique. Drescher explique que beaucoup de soldats se sentent en conflit avec leur image, ce qui peut les empêcher de demander de l’aide.
Préparation insuffisante aux réalités du combat
La formation peut préparer les soldats à de nombreuses situations, mais certaines expériences traumatisantes restent imprévisibles. Les militaires doivent être conscients des réalités auxquelles ils seront confrontés, non seulement sur le terrain, mais également en ce qui concerne leur santé mentale.
Le rôle du Veteranentag
Le Veteranentag, célébré chaque 15 juin en Allemagne, a pour but d’accroître la visibilité des vétérans et leurs luttes. Bien qu’il représente une étape vers la reconnaissance, les vétérans constatent que l’organisation des événements repose encore souvent sur leurs épaules. Pour une véritable valorisation, il est essentiel que les pouvoirs publics prennent en charge cette reconnaissance.
Besoin d’une sensibilisation accrue aux risques
Avec l’augmentation des effectifs de la Bundeswehr, une meilleure éducation sur les risques du métier devient indispensable. Drescher insiste sur le fait que la transparence est cruciale pour attirer des recrues en bonne santé mentale. Ce faisant, non seulement ils protègent leurs soldats, mais ils respectent également leur devoir de soin.
Dunja Neukam appelle les décideurs à réfléchir attentivement à l’impact des déploiements à l’étranger. Une stratégie réfléchie en matière de ressources et de soutien psychologique est essentielle pour assurer le bien-être des soldats avant, pendant et après leurs missions.

