La transformation du métier de recouvrement de créances grâce à l’IA
Il n’y a pas si longtemps, croiser un homme en frac dans les rues d’Espagne signifiait généralement que son interlocuteur était un débiteur. Bien que le célèbre Cobrador del Frac soit encore en service, de nos jours, les relances de paiement sont généralement effectuées par des appels incessants et des notifications. La nouveauté ? Ces appels sont désormais souvent passés par des agents d’IA.
L’IA s’invite dans la collecte de créances
Dans un reportage de Wired, l’histoire de Ben, un débiteur fictif, fait réfléchir. Contacté par une IA nommée Eve d’une entreprise de recouvrement, il s’est retrouvé dans une situation délicate. Bien qu’il ait réglé sa dette, Eve continuait à le relancer. Après quelques échanges humoristiques, il parvint enfin à parler à un agent humain, confirmant que sa situation était en règle. Ce type de situation soulève des questions sur l’efficacité et l’accueil des agents d’IA.
Automatisation du recouvrement de créances
La situation est similaire aux États-Unis, où le taux de morosité ne cesse d’augmenter. Les entreprises de recouvrement passent au numérique pour gérer un volume croissant d’affaires. Des startups innovantes, telles qu’Altur, Domu ou Moveo, proposent des “call centers sans humains”, permettant ainsi de multiplier les relances tout en réduisant les coûts.
Voix féminine et ton empathique
Un fait notable est que la plupart des agents d’IA qui collectent des créances sont dotés de voix et de noms féminins comme Eve ou Emily. Le PDG d’une entreprise mentionnée dans l’article de Wired affirme que les voix féminines sont généralement mieux acceptées. Le ton et l’attitude de ces agents sont conçus pour transmettre empathie et calme, visant à ne pas brusquer le débiteur.
Une industrie en pleine mutation
Face à une morosité grandissante, les agents d’IA sont présentés comme une solution efficace pour augmenter le volume de relances. Selon des données de l’agence Kaplan, d’ici 2034, le marché du recouvrement de créances par IA atteindra 15,9 milliards de dollars, avec une productivité multipliée par quatre et des coûts réduits de moitié.
Les limites de l’IA
Cependant, l’efficacité de ces agents d’IA demeure incertaine. Des études universitaires indiquent que les débiteurs se sentent souvent moins responsables de leurs paiements lorsqu’ils interagissent avec une machine plutôt qu’avec un humain. Malgré cela, la capacité des bots à opérer 24/7 et à gérer de multiples conversations à la fois en fait un choix économique pour les entreprises.
Enjeux éthiques et légaux
Ce passage à l’IA suscite également des préoccupations éthiques. Les experts s’inquiètent de la nature agressive que pourrait prendre ce secteur déjà problématique. En outre, la question de la confidentialité des données est cruciale. Les cas d’erreurs, comme celui de Ben, illustrent les risques potentiels, notamment s’ils entraînent des fuites d’informations sensibles.
En conclusion, l’IA s’affirme comme un acteur incontournable dans le monde du recouvrement de créances. Bien qu’elle propose des solutions efficaces en termes de coût et d’efficacité, les implications humaines et éthiques doivent également être prises en compte. Le défi sera de trouver un équilibre entre efficacité technologique et respect des droits des débiteurs.

