Le projet tumultueux de Disney : De ‘Kingdom of the Sun’ à ‘El Empereur et ses Folies’

En 1994, après le succès phénoménal de Le Roi Lion, Disney s’apprêtait à lancer son prochain chef-d’œuvre. Ce devait être une épopée musicale sur l’Empire inca, avec des compositions de Sting et la participation d’Owen Wilson. Cependant, six ans plus tard, le film qui a atteint les salles s’est transformé en El Empereur et ses Folies, une histoire radicalement différente mettant en scène un empereur se métamorphosant en lama, un paysan bienveillant et des blagues rompant la quatrième mur. Le désordre survenu durant cette production a été documenté dans un film que Disney souhaiterait oublier.

Du rêve à la réalité polluée

La genèse d’une épopée

Le développement débute sous le titre Kingdom of the Sun, une aventure théâtrale inspirée par Le Prince et le Pauvre de Mark Twain. Roger Allers, le réalisateur, proposa sa vision au CEO de Disney, Michael Eisner, présentant une histoire ancrée dans l’apogée de la civilisation inca. Les ambitions étaient hautes, avec des voyages à Machu Picchu pour ancrer l’authenticité et des musiques de Sting flirtant avec le succès de Le Roi Lion.

Quand la comédie prend le pas

Cependant, les résultats décevants de Pocahontas et Le Bossu de Notre-Dame ont poussé Disney à rehausser le ton comique du projet. Mark Dindal fut engagé en tant que codirecteur, apportant une vision ludique pour alléger le contenu. Ce besoin de transformer le projet a entraîné une nouvelle réécriture du script, créant un climat chaotique lors des projections-test de 1998.

La pression commerciale : McDonald’s en ligne de mire

Délai et désespoir

Disney devait impérativement respecter les délais, avec des accords de promotion signés avec McDonald’s et Coca-Cola. Les retards subis ont conduit Allers à demander un report, refusé. Après avoir quitté le projet, Disney se retrouvait sans film et sans spectacle à présenter aux partenaires.

L’urgence de Dindal

Face à la crise, Dindal a pris les rênes et a complété le film en 18 mois. Fait sans précédent dans le secteur de l’animation, El Empereur et ses Folies a été élaboré sans un scénario finalisé. Le casting a également été modifié, avec la substitution d’Owen Wilson par John Goodman pour le personnage de Pacha, qui est devenu un père de famille.

Le documentaire oublié : The Sweatbox

Une vision cachée

Sting avait conditionné sa participation à la réalisation d’un documentaire par sa femme, Trudie Styler, pour documenter le combat créatif. Ce film, The Sweatbox, révèle l’intensité et le stress de la production, mais a été rapidement retiré de la circulation après sa première à Toronto en 2002. En effet, Disney n’a jamais sorti le documentaire, maintenant son contenu inaccessible au grand public.

Comparaisons et révélations

Ce documentaire, souvent comparé à Hearts of Darkness, met en lumière les sacrifices humains durant la création artistique. Les moments clés incluent la conversation où Fullmer informe Sting que ses chansons ont été supprimées, avec seulement deux demeurant dans la bande originale finale.

Une réception mitigée

Les résultats au box-office

Avec une recette de 169 millions de dollars pour un budget de 100 millions, le film fut une déception par rapport aux autres succès de l’époque. Cependant, il a gagné en popularité au fil des ans, devenant le DVD le plus vendu en 2001 et inspirant une série télévisée ainsi qu’une suite.

L’empreinte durable

L’héritage de El Empereur et ses Folies peut sembler limité, mais l’humour parodique de cette œuvre a anticipé le succès de Shrek et des futurs films de DreamWorks. Une œuvre emblématique et impossible à classer dans le catalogue moderne de Disney.



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