Sandoz et le Made in Europe : une défense essentielle

En plein cœur du Tyrol autrichien, à Kundl, se dresse la seule usine de production de pénicilline en Europe. Cette installation est également qualifiée de “unique fabricant d’antibiotiques intégré verticalement en Occident” par Gilbert Ghostine, président du Conseil d’administration de Sandoz. La société, forte de 140 ans d’héritage, 80 ans de leadership dans le domaine des antibiotiques et 20 ans de domination des biosimilaires, appelle aujourd’hui à une plus grande attention sur l’autosuffisance européenne en matière de production pharmaceutique.

Sous le slogan “made in Europe”, Sandoz s’engage à garantir non seulement la sécurité des laboratoires européens mais aussi celle des patients, tout en réduisant son empreinte environnementale par rapport à l’importation de médicaments depuis d’autres régions du monde. En ce sens, la société reconnaît le rôle stratégique de l’Espagne, où elle possède des filiales à Madrid et à Barcelone.

La lutte contre le dumping de prix

Sandoz s’oppose fermement au dumping des prix en provenance de Chine et d’Inde, souhaitant une répartition équitable du marché européen. Dans cette optique, la firme a déposé une plainte antidumping auprès de la Commission Européenne concernant les importations chinoises d’amoxicilline, un principe actif antibiotique. Les prix de ces produits ont chuté de 57 % en une année, ce que Gilbert Ghostine attribue directement au dumping.

La pandémie de COVID-19 a révélé le besoin urgent d’avoir plusieurs sources d’approvisionnement pour éviter une dépendance excessive d’un seul marché. Ghostine insiste sur le fait que sans intervention, l’Europe pourrait se retrouver trop vulnérable face à des fluctuations de prix potentielles.

Pourquoi la production locale est-elle essentielle ?

Ghostine explique que Sandoz est le seul fabricant d’antibiotiques disposant d’une intégration verticale complète en Europe, produisant ses propres ingrédients actifs (API). En effet, environ 90 % des API en Europe proviennent de l’étranger, notamment de Chine. Cette intégration, bien que coûteuse, procure à la fois aux patients et aux régulateurs européens une assurance quant à la sécurité de l’approvisionnement.

Face à la lenteur de réaction des autorités européennes, Sandoz ne demande pas de subventions mais un renforcement des réglementations pour protéger l’industrie locale. “D’autres pays comme l’Inde prennent déjà des mesures actives pour protéger leurs fabricants,” souligne Ghostine.

Un marché pharmaceutique en pleine transformation

Kundl a doublé sa capacité depuis 2021, augmentant sa production de 20 % en 2023, ce qui se traduit par la fabrication de 240 millions de doses d’antibiotiques pour l’Europe. Sandoz anticipe une “décennie dorée” pour l’industrie pharmaceutique, avec des prévisions de 650 milliards de dollars en médicaments qui perdront leur brevet dans les dix prochaines années.

Dans le cadre de son développement, Sandoz a mis en place une vaste gamme de biosimilaires et de molécules génériques, renforçant ainsi son rôle sur le marché européen. En Espagne, Sandoz se distingue non seulement par son équipe commerciale, mais également par sa  plante de fabrication à Palafolls , près de Barcelone, où elle emploie 770 personnes.

Conclusion

Sandoz illustre parfaitement les enjeux stratégiques de l’industrie pharmaceutique en Europe. En se positionnant fermement pour le made in Europe et en luttant activement contre le dumping, l’entreprise contribue à garantir une production durable, tout en créant des emplois locaux et en maintenant les standards les plus élevés en matière de santé et d’environnement.



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