La plantilla de la Agencia Tributaria (Aeat) est en pleine agitation contre l’administration publique alors que la campagne de la Renta bat son plein, se terminant le 30 juin 2026. La Centrale Syndicale Indépendante des Fonctionnaires (CSIF) a annoncé début mai que si la Secrétariat d’État aux Finances ne respectait pas les accords de 2024, des pauses d’une heure auraient lieu les 13 et 29 mai, suivies d’une grève générale prévue le 8 juin. A ce jour, aucun accord n’a été trouvé, et la pause du 13 a bien été effectuée, celle du 29 mai est également confirmée.
Les revendications des travailleurs
Les travailleurs réclament notamment que les agents du Service de Vigilance Aduanera (SVA) soient reconnus comme exerçant une profession à risque. Cette demande fait suite à un incident récent en Almería, où une embarcation de ce service a été heurtée par un bateau de narcotrafic, un événement tragique qui a coûté la vie à deux gendarmes dans la région de Huelva quelques jours auparavant.
Cette situation soulève des préoccupations quant à la sécurité des agents, qui manquent de moyens pour lutter efficacement contre le narcotrafic. En novembre 2025, la Unité du SVA de Huelva avait demandé à l’Agence Tributaria de fournir de meilleures embarcations, sans succès.
La reconnaissance de leur statut professionnel en tant que risque est cruciale, car cela affecte également les modalités de retraite anticipée, qui sont économiquement pénalisantes pour eux.
Autres demands
Outre cela, les travailleurs protestent contre l’impossibilité d’avancer dans leur carrière au sein de l’Aeat. La surcharge de responsabilités sans compensation adéquate, ainsi que le besoin de réglementer le télétravail, sont également des enjeux significatifs que le syndicat estime indispensables à la négociation.
Les négociations en cours
Soledad Fernández, Directrice Générale de l’Agence Tributaria, a convoqué le 26 mai les syndicats de l’Union Générale des Travailleurs (UGT), du Syndicat des Techniciens du Ministère des Finances (Gestha) et du Syndicat Indépendant de l’Agence Tributaria (SIAT) pour une réunion. Ces organisations ne soutiennent pas les mobilisations du CSIF et représentent environ 70 % de la table de négociation de l’Aeat.
Antonio García, un responsable de UGT, a exprimé son mécontentement face à l’exclusion des syndicats représentant les travailleurs : “On convoque uniquement ceux dont ils ont besoin”. Il dénonce également que les offres de Soledad Fernández sont perçues comme un “trompe-l’œil pour les travailleurs”, favorisant uniquement les agents les mieux rémunérés, laissant ceux aux échelons inférieurs sans amélioration.
Réactions et avenir des négociations
La UGT envisage de faire front uni avec tous les syndicats représentatifs pour organiser de futures mobilisations, tandis que le CSIF jugent l’attitude de la Direction comme une tentative de diviser et manipuler les travailleurs en ces temps de grève. Ce contexte tendu risque de compromettre sérieusement le bon déroulement de la campagne de la Renta et de rassembler davantage de mécontentement parmi les agents de l’Aeat.
Dans l’affrontement qui se profile, l’issue de ces discussions pourrait non seulement influencer les conditions de travail des agents, mais également l’efficacité des services fiscaux en Espagne.

