## La course aux batteries de l’état solide : la position stratégique de la Chine
Que la Chine soit à la pointe de la transition énergétique et de la mobilité moderne n’est plus une surprise. Cependant, dans le domaine du stockage d’énergie, une évolution significative se profile avec l’arrivée des batteries à l’état solide, un sujet discuté depuis quelques années déjà.
### Une position de leader en recherche
La Chine domine le volume de recherche et de dépôts de brevets relatifs aux batteries à l’état solide. Toutefois, cette avance sur le papier ne garantit pas une victoire dans la course commerciale. Selon une analyse récente de l’agence Xinhua, les États-Unis, l’Europe, le Japon et la Corée du Sud montrent une coordination industrielle accrue et un meilleur déploiement international de leurs brevets. Cette situation intervient à un moment où la technologie est sur le point d’entrer dans une phase décisive pour sa commercialisation.
### Pourquoi les batteries à l’état solide sont cruciales
Les batteries à l’état solide représentent le prochain grand saut par rapport aux batteries lithium-ion actuelles. Elles offrent une densité énergétique plus élevée, des temps de charge réduits, une sécurité renforcée et une durée de vie prolongée. Leur impact ne se limite pas seulement aux voitures électriques : elles concernent également les robots humanoïdes, les eVTOL (aéronefs à décollage vertical), l’électronique grand public et le stockage stationnaire. Qui contrôlera cette technologie, et surtout sa fabrication à grande échelle, marquera le rythme de la mobilité et de l’énergie de la prochaine décennie.
### Guerre des brevets : l’avance stratégique du Japon
Bien que la Chine détienne environ 35 % du marché mondial des brevets à l’état solide, avec 39 % concernant les électrolytes, Japan demeure la principale source technologique. En effet, environ 37 % des demandes de brevets mondiaux proviennent du Japon, contre 30 % pour la Chine. Le vrai problème pour la Chine n’est pas le nombre, mais la concentration et la qualité de sa stratégie. Parmi les 30 institutions les plus influentes dans ce domaine, 17 sont japonaises, 7 sont chinoises, et le reste est principalement coréen, avec Toyota à elle seule détenant environ 40 % de la propriété intellectuelle du secteur.
### Les entreprises clé dans le secteur
Des entreprises chinoises comme CATL, BYD et SVOLT sont à la pointe d’une nouvelle phase technologique. En 2023, elles ont déposé plus de 500 demandes de brevet. Gotion High-tech a même finalisé le design d’une ligne de production pour des batteries totalement solides, alors que Ganfeng Lithium affirme avoir atteint 1 100 cycles dans une cellule de 400 Wh/kg. De plus, des chercheurs chinois ont présenté un prototype capable de charger à 451,5 Wh/kg en seulement trois minutes.
### Les défis à surmonter
Selon le rapport Xinhua, la production en petites séries pourrait débuter vers 2027, tandis qu’une commercialisation plus large est attendue autour de 2030. Les défis à surmonter incluent la formation de dendrites de lithium, les mécanismes de transport ionique, l’ingénierie de l’interface solide-solide et les modes de défaillance des cellules.
### Quel avenir pour la Chine dans ce domaine ?
La Chine se prépare à industrialiser ses recherches de laboratoire. Sa première norme nationale sur les batteries à l’état solide est actuellement en consultation publique. Malgré sa domination en recherche et en publications, l’avenir dépendra des fabricants capables de résoudre les problèmes de production à grande échelle, de coûts, de durabilité et de sécurité.
En somme, même si la Chine a un avantage considérable, notamment avec des entreprises comme CATL et BYD contrôlant une part importante du marché mondial, le jeu dans le secteur des batteries à l’état solide reste ouvert.

