Kalshi et Polymarket : Blocus et sanctions en Espagne

Le ministère de la Consommation en Espagne a récemment ordonné le blocage des sites de Polymarket et Kalshi, deux grandes plateformes de prédiction, et a lancé une procédure de sanction pour leur fonctionnement sans la licence appropriée. Les régulateurs estiment que le système de jeu sophistiqué qu’elles proposent, se présentant comme des marchés financiers, ne saurait les exempter des règles de la ludopathie.

Les autorités font le lien entre finance et jeu

Selon le ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l’Agenda 2030, dirigé par Pablo Bustinduy, les plateformes Kalshi et Polymarket doivent être considérées comme des maisons de paris. Elles nécessitent en conséquence une licence de jeu, qu’elles ne possèdent pas. La Direction générale de l’ordre des jeux précise que, tout comme dans d’autres pays européens, les marchés de prédiction relèvent de la catégorie des jeux d’argent car ils impliquent des paris sur des événements futurs incertains.

Les implications de l’absence de licence

En Espagne, tous les opérateurs de jeux doivent être munis d’une licence qui garantit divers aspects, tels que la vérification de l’identité des utilisateurs et le contrôle d’accès pour éviter que les mineurs ne jouent. Polymarket et Kalshi, n’ayant pas cette licence, font face à des conséquences. Le ministère a initié une procédure de sanction et a ordonné le blocage de leurs sites.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Bien que, à l’heure actuelle, les deux sites soient encore actifs, selon El País, le ministère a déjà informé les opérateurs de télécommunications. Ceux-ci disposent d’un délai de sept à dix jours pour procéder au blocage. Lorsque cela se produira, un message d’avertissement s’affichera, indiquant qu’il s’agit d’un opérateur de jeux sans licence.

Une tendance croissante en Europe

Le cas espagnol s’inscrit dans une tendance européenne où plusieurs pays, tels que la France, l’Allemagne et la Belgique, ont également bloqué l’accès à Polymarket. Bien que certains pays continuent de permettre leur fonctionnement, la résistance croît, et l’idée que ces plateformes sont des marchés d’investissement devient de moins en moins tenable.

La situation aux États-Unis

À l’inverse, aux États-Unis, ces plateformes gagnent en popularité et s’intègrent de plus en plus dans le débat public. La CFTC (Commodity Futures Trading Commission) considère depuis 2020 Kalshi comme un marché de prédiction autorisé. Cependant, Polymarket a été sanctionnée en 2022 pour avoir proposé des contrats sans structure réglementaire adéquate, mais continue d’opérer et est maintenant sous enquête pour des possibles abus d’informations privilégiées.

Profil des utilisateurs

Un rapport de Morning Consult révèle que la majorité des utilisateurs de ces applications sont des hommes de moins de 45 ans. Un quart des hommes âgés de 18 à 24 ans ont reconnu avoir parié au moins une fois au cours des six derniers mois. La culture masculine des paris sportifs et des spéculations financières attire particulièrement ce public.

L’inégalité dans les gains

Les analyses récentes démontrent que la majorité des utilisateurs perdent dans ces systèmes, où seulement 0,1 % des participants récoltent la majeure partie des bénéfices. Les traders professionnels, ayant accès à des ensembles de données coûteux, dominent souvent le jeu.

Il est crucial de rester conscient des règles, souvent dissimulées, qui régissent ces paris, comme l’illustre le cas d’un homme ayant parié sur une déclaration du rappeur A$AP Rocky, qui a perdu tout son investissement à cause de termes cachés.

Pour conclure, la situation de Kalshi et Polymarket soulève des questions essentielles sur la régulation des jeux en ligne dans un contexte de plus en plus numérisé.



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