La Révolution des Célules Solaires Transparentes de Singapour

Des cristaux de voiture garée au soleil aux lunettes intelligentes, tout pourrait devenir des points de recharge grâce à la technologie des nouvelles cellules solaires. Les chercheurs de l’Université Technologique de Nanyang à Singapour (NTU) ont récemment publié un article dans ACS Energy Letters sur un nouveau type de cellule solaire ultrafine et transparente, fabriquée à partir de perovskite.

Des Célules Minces et Performantes

Dirigée par la Professeur Annalisa Bruno, l’équipe de recherche a conçu des cellules d’à peine 10 nanomètres d’épaisseur. Pour mettre cela en perspective, un cheveu humain mesure environ 70 000 nanomètres; en comparaison, cette nouvelle technologie serait aussi fine qu’une feuille de papier à côté de la Tour Eiffel.

Un fait frappant du rapport indique que la rugosité de la surface sur laquelle ces cellules sont déposées représente presque un tiers de leur épaisseur totale. Cela met en lumière la précision nécessaire pour atteindre une telle finesse.

Fin de la Dépendance au Soleil Direct

Ce qui distingue véritablement cette technologie est sa capacité à produire de l’électricité sous lumière indirecte et dans des conditions de lumière diffusée. Contrairement aux panneaux solaires en silicium classiques, ces cellules sont idéales pour les environnements urbains à forte densité, où les façades verticales et la couverture nuageuse limitent l’exposition au soleil direct.

Une Productivité Potentielle Rassurante

Avec les bâtiments consommant près de 40 % de l’énergie mondiale, la nécessité de transformer les façades en générateurs d’énergie est évidente. Les estimations initiales suggèrent qu’en utilisant cette technologie sur un grand gratte-ciel, on pourrait produire des centaines de mégawattheures par an, suffisant pour alimenter environ 100 appartements de quatre pièces.

Un Processus de Fabrication Innovant

Les cellules solaires sont semitransparentes et de couleur neutre, permettant aux fenêtres de conserver leur apparence tout en générant de l’énergie. Cette caractéristique est le résultat d’un processus de fabrication par évaporation thermique en vide, où les matériaux sont chauffés jusqu’à évaporation et déposés comme une fine pellicule.

Des Performances Prometteuses

Dans leurs versions opaques, ces cellules peuvent transformer 7 %, 11 % et 12 % de la lumière reçue en énergie, selon leur épaisseur (10, 30 et 60 nanomètres). Le modèle semitransparent de 60 nanomètres laisse passer 41 % de la lumière visible tout en maintenant une efficacité de 7,6 %, l’une des meilleures performances observées jusqu’à présent.

Cependant, l’équilibre entre transparence et efficacité reste problématique. Plus une cellule est transparente, moins elle est efficace, un compromis que chaque application devra considérer selon ses priorités.

Stabilité et Durabilité

La durabilité de ces cellules est un enjeu crucial. Les données révèlent que les cellules de 100 nm peuvent durer jusqu’à 15 400 heures avant de perdre 20 % de leur performance. Ces chiffres restent théoriques et doivent être validés dans des conditions réelles d’utilisation.

Sam Stranks, professeur à l’Université de Cambridge, souligne la nécessité de tests rigoureux sur la durabilité à long terme et le rendement sur de grandes surfaces pour cette technologie.

Une Nouvelle Frontière pour l’Énergie Urbaine

La prochaine étape de l’énergie solaire urbaine réside dans l’utilisation de millions de mètres carrés de surfaces en verre, jusqu’alors considérées comme passives. L’innovation de la NTU représente une avancée significative dans cette direction, bien que des défis subsistent en matière de durabilité. Les cellules solaires transparentes, fonctionnant avec une fraction de la lumière disponible, pourraient devenir une réalité, rendant la notion d’« invisible » non plus un slogan marketing mais bien une réalité technique.



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