Loongson : L’alternative chinoise aux processeurs de bureau

La Chine est désormais en mesure de rivaliser sur le marché des processeurs pour PC, serveurs et centres de données, grâce à Loongson, l’une des rares entreprises chinoises capable de fabriquer des microprocesseurs avancés. Dans le contexte actuel de tensions géopolitiques, l’importance de cette entreprise n’a cessé de croître. En décembre 2022, Loongson a lancé son processeur 3A5000 de 32 cœurs, basé sur l’architecture LoongArch, dérivée de MIPS. En février 2024, la société a présenté son processeur pour serveurs, le LS3C6000, qui peut être déployé avec jusqu’à 64 cœurs.

Un tournant dans l’industrie des semi-conducteurs

Récemment, Loongson a franchi une étape significative en distribuant plus d’un million d’unités de son processeur de bureau phare. Ce succès marque un tournant dans l’effort de la Chine pour établir une industrie des semi-conducteurs autosuffisante. La CPU 3A6000, conçue et fabriquée intégralement en Chine, témoigne de cette avancée.

Architecture et conception

Les processeurs de Loongson sont basés sur l’architecture MIPS. La microarchitecture a été spécifiquement conçue par les ingénieurs de l’Académie Chinoise des Sciences. En évitant d’utiliser les architectures x86-64 ou ARM, Loongson a pu continuer à peaufiner ses designs sans être entravé par les sanctions américaines. Cependant, il est important de noter que Loongson, bien qu’elle conçoive des microprocesseurs, ne possède pas encore de capacités de fabrication. Cette tâche est confiée à SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corp), le plus grand fabricant de semi-conducteurs en Chine, similaire à ce que fait TSMC pour AMD et Apple.

Performances comparables aux leaders du marché

Selon des sources fiables comme Fast Technology, la troisième génération de puces Loongson, comprenant les modèles 3A6600, 3B6600 et 3C6600, affiche des performances équivalentes à celles des processeurs Intel Core de 12ème et 13ème génération. Plus particulièrement, le modèle 3B6600 rivalise directement avec les puces Intel et les alternatives d’AMD. D’après SCMP, même Loongson a reconnu que ses processeurs pour bureau sont désormais compétitifs par rapport à ceux d’Intel lancés en 2020.

Un chemin semé d’embûches

Malgré ces progrès, on ne peut ignorer le fait que la Chine souffre encore d’un retard d’environ six ans par rapport à des géants comme Intel et AMD. Toutefois, le fait que la Chine n’ait pas eu d’alternative viable aux CPU d’origine américaine il y a quelques années rend ces avancées encore plus significatives.

Impacts des sanctions américaines

Ce succès s’inscrit dans la stratégie de Pékin visant à réduire sa dépendance envers les technologies étrangères. Les récents contrôles d’exportation imposés par les États-Unis ont accentué cette nécessité, limitant l’accès de la Chine aux chips avancés, logiciels de conception et services de fabrication de pointe. Il sera fascinant de voir si Loongson parviendra à rattraper son retard sur Intel et AMD, et comment cette dynamique influencera le paysage technologique mondial.



F1-ES