## Le naufrage du plan d’Aragon pour les panneaux solaires flottants

### Contexte général

Dans une époque dominée par la nécessité de maximiser les énergies renouvelables tout en minimisant l’utilisation des sols, le projet d’Aragon visant à couvrir ses réservoirs d’eau de panneaux solaires flottants semblait être une solution idéale. En raison de la Révolution énergétique annoncée par le gouvernement espagnol, l’eau des barages, libre de conflits d’utilisation de terres agricoles, représentait un terrain d’expérimentation parfait. Malheureusement, ce plan ambitieux vient de subir un revers monumental en raison d’une erreur bureaucratique.

### Une décision du Tribunal Suprême

Le Tribunal Suprême a récemment déclaré nul le décret 662/2024, qui régulait l’installation de ces panneaux solaires flottants. Cette décision, prise à la suite d’un recours déposé par la communauté autonome d’Aragon, a des conséquences profondes sur la capacité du gouvernement à mettre en œuvre sa feuille de route énergétique.

#### La légitimité d’Aragon

Le tribunal a entériné que le gouvernement aragonais avait tout à fait le droit de contester ce décret, car son application touchait directement les compétences liées à l’aménagement du territoire, à l’environnement, au tourisme et à l’utilisation des ressources hydroélectriques dans la région.

### Objectifs du décret annulé

Le décret visait à mettre en place un cadre régulatoire pour l’installation de panneaux solaires sur les réservoirs gérés par l’État. Ses objectifs incluaient des bénéfices tels qu’une augmentation de l’efficacité énergétique grâce à l’effet de refroidissement de l’eau, la réduction de l’évaporation et un ralentissement de l’eutrophisation des eaux.

#### Régulations strictes

Le texte précisait également un système de concessions temporaires permettant d’exploiter ces installations pour une durée maximale de 25 ans. Cependant, cette ambition a été affaiblie par un processus de consultation publique trop hâtif, qui ne respectait pas les exigences légales.

### La problématique de la législation

Le principal problème ne résidait pas dans le contenu du décret, mais plutôt dans la manière dont il a été approuvé. Le gouvernement a omis de consulter le public et les parties prenantes concernées, une omission jugée inacceptable par le Tribunal Suprême.

#### Justifications du gouvernement

Le gouvernement a tenté de justifier ce manquement par l’urgence causée par la hausse des tarifs énergétiques due à des facteurs externes tels que le conflit en Ukraine. Cependant, le Tribunal a souligné l’importance d’une consultation adéquate, même en cas d’urgence.

### Implications de l’arrêt

Ce revers juridique ne signifie pas nécessairement que les panneaux solaires flottants soient une mauvaise idée. En effet, le Tribunal a rejeté d’autres plaintes, confirmant que la qualité du plan initial n’était pas en jeu.

#### Un appel à la prudence

Le fait est que le secteur des renouvelables se retrouve dans une impasse. Tous les règlements initiés par le décret sont désormais anéantis, et la prudence s’est installée dans les régions concernées. Par exemple, la Confédération Hydrographique de l’Ebre avait déjà refusé l’installation de ces structures dans certains réservoirs.

### Quelle est la suite ?

Le cadre législatif qui permet l’installation de panneaux solaires flottants demeure en vigueur via la loi sur les eaux. Toutefois, le gouvernement doit maintenant repenser son décret, mais cette fois en respectant scrupuleusement les étapes de consultation.

#### Coût d’une transition rapide

Ce cas démontre que la précipitation dans la transition énergétique peut entraîner des coûts juridiques élevés et des retards dans l’adoption de solutions durables. Le rêve d’Aragon de transformer ses réservoirs en champs de panneaux solaires doit maintenant naviguer dans un cadre légal plus rigoureux.



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