Bruselas recommande le veto aux thérapies de conversion pour la communauté LGTBIQ+
Une initiative importante mais sans force légale
Le 12 mai, la Commission Européenne a annoncé son intention de recommander aux États membres de l’Union Européenne d’interdire les thérapies de conversion visant la communauté LGTBIQ+. Cependant, cette recommandation ne sera pas accompagnée d’une législation contraignante, malgré la pression d’une initiative citoyenne qui a recueilli plus d’un million de signatures à travers l’UE.
Une déclaration forte de la présidente de la Commission
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, a affirmé que « les thérapies de conversion n’ont pas de place dans notre Union », soulignant ainsi le soutien indéfectible de l’UE envers la communauté LGTBIQ+. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays européens ont déjà interdit ces pratiques, contribuant à faire avancer les droits LGTBIQ+.
Un dialogue avec les États membres
La Commission Européenne prévoit d’engager un dialogue avec les États membres dans les mois à venir. Ce dialogue a pour but de partager les expériences des pays ayant déjà des interdictions en place, comme l’Espagne. La recommandation, qui ne sera pas contraignante, devrait être publiée au début de 2027.
La situation en Espagne et dans d’autres pays
L’Espagne figure parmi les huit pays de l’UE à avoir interdit ces pratiques, aux côtés de la Belgique, de l’Allemagne, de la Grèce, de la France, de Chypre, de Malte et du Portugal. Ces thérapies sont considérées comme « profondément préjudiciables » et reposent sur des idées médicalement fausses selon lesquelles les personnes LGTBIQ+ seraient malades.
Les violences inhérentes aux thérapies de conversion
La Commission a rappelé que ces pratiques peuvent inclure des abus verbaux, de la coercition, et même des actes de violence physique et sexuelle, sans aucune valeur thérapeutique. En effet, il n’y a rien à « soigner » ni à « supprimer » chez les personnes LGTBIQ+.
L’absence d’actions législatives concrètes
Face aux demandes d’une législation plus stricte, la Commission a choisi de ne pas avancer sur plusieurs pistes proposées, comme l’élargissement de la liste des « eurodélits » ou la modification de la directive sur l’égalité de traitement, qui sont encore en cours de négociation au sein des institutions européennes.
Un cadre législatif complexe
La responsabilité de la législation en matière de santé et de soins revient principalement aux gouvernements des États membres. Cela limite considérablement la capacité d’action de la Commission Européenne, comme l’a montré une précédente initiative citoyenne appelant à la création d’un fonds pour aider les femmes à exercer leur droit à l’avortement.
Conclusion : un pas en avant, mais des défis à relever
Bien que la recommandation de la Commission Européenne soit une avancée significative, il demeure des défis importants. Le manque d’une législation contraignante et les complexités politiques internes à l’UE rendent la lutte contre les pratiques de conversion encore plus difficile. Les défenseurs des droits LGTBIQ+ doivent continuer à faire pression pour des actions concrètes et des protections efficaces au sein de l’Union.
