Gmail et l’impact de l’IA sur la communication
Nous avons tous passé des minutes à contempler le curseur, cherchant comment répondre à un email important. Trouver le bon ton, être à la fois percutant et courtois sans être trop complaisant peut être un défi. Grâce à l’intégration de Gemini dans Gmail, nous n’avons plus à réfléchir autant. Nous pouvons énoncer notre pensée, et l’IA la rédige pour nous. Cependant, cela entraîne une uniformité des courriels qui ne passe pas inaperçue, et Google en est conscient.
Ayudame a escribir : une nouvelle fonction de Gmail
La fonction Ayúdame a escribir a été intégrée dans Gmail pour faciliter la rédaction d’emails simplement à partir d’un prompt. Google a récemment annoncé des améliorations, permettant de contextualiser le sujet et de se connecter à Drive et Gmail pour extraire des informations pertinentes. En se vantant de créer des brouillons qui “révèlent votre style d’écriture personnel”, Google semble reconnaître que l’IA tend à homogénéiser nos communications.
Tous les courriels se ressemblent
Les réponses automatiques et l’aide à la rédaction ont été une bénédiction pour ceux qui jonglent avec de nombreux emails quotidiennement. Cependant, dans le cas des “courriels à froid”, peu parviennent à se démarquer. Un responsable marketing a même affirmé sur Reddit qu’il supprimait systématiquement les emails qui semblaient écrits par une machine, ne lisant que ceux qui semblaient provenir d’un humain. Ce problème s’étend également aux réseaux sociaux comme X ou LinkedIn, bourrés de contenus rédigés par IA.
Humaniser l’IA : un défi à relever
Nous sommes dans une situation paradoxale : nous utilisons l’IA de manière constante, mais nous désirons qu’elle reste discrète. Une recherche sur le terme “humaniser l’IA” révèle des outils promettant d’apporter une touche humaine aux textes générés par des machines. Cela n’affecte pas que les écrits ; une amie illustratrice a été sollicitée pour réviser des illustrations générées par IA. Le problème n’était pas la qualité, mais le fait qu’elles semblaient trop robotiques.
La problématique de la non-communication
La nouveauté de Google, basée sur notre style d’écriture passé, peut poser un problème : que se passe-t-il si ces courriels ont également été rédigés à l’aide de l’IA ? Cela crée un cercle vicieux où chaque réponse est le résultat de l’utilisation de l’IA. Comme le disait l’écrivain Tim O’Brien, “si personne ne l’a écrit, personne ne l’a lu”. Ce n’est pas seulement une question de style ; c’est un défi plus vaste où nous déléguons notre communication à des machines.
Alors, comment réagir face à cette réalité ? Peut-être que la solution réside dans un retour à des échanges plus authentiques.

