Le MINAM fait obstacle à une initiative parlementaire pour protéger les réserves maritimes
Le Ministère de l’Environnement (MINAM) du Pérou chercherait à bloquer l’inclusion de plusieurs projets de loi concernant la protection des réserves marines au sein de l’agenda du Congrès, prévu pour le 7 mai. Les projets de loi 5666, 6668 et 7157 visent à intégrer un nouvel article, le 27-A, dans la Loi 26834 sur les Aires Naturelles Protégées.
Préoccupations du MINAM
Le MINAM avance que ces propositions de loi sont “surchargées” et n’ont pas de nécessité réelle, malgré la pression continue de l’industrie de la pêche pour intervenir dans les zones naturelles protégées. Cette approche vise à empêcher le débat sur un projet déjà approuvé par la Commission des Peuples Andins, Amazoniens et Afro-péruviens, Environnement et Écologie.
La nécessité d’une protection accrue
Le projet de loi permettrait uniquement la pêche artisanale et l’aquaculture, sous réserve qu’elles soient compatibles avec les objectifs de chaque aire protégée. Cela répondrait à un vide juridique résultant du Décret Suprême 006-2025-PRODUCE, qui a annulé l’infraction pour la pêche industrielle dans les réserves protégées. Bien que des interdictions existent depuis 25 ans dans le réglement, l’absence de rang légal a facilité les incursions de l’industrie dans des zones telles que Paracas et la Dorsale de Nasca, la plus grande réserve marine du pays.
Pression de l’industrie de la pêche
Des organisations écologistes et des représentants de la pêche artisanale alertent sur le fait que la pression exercée par l’industrie sur le Congrès continue de s’intensifier. La progression de la loi serait cruciale pour garantir l’intégrité des écosystèmes marins. Ce projet a déjà été examiné à trois reprises avant d’atteindre le Plénum, mais il a été rejeté par la Commission de Production.
Conflits politiques
Le projet 5666 a été archivé sous la présidence de Jorge Morante, et les projets 6668 et 7157 sous celle de Tania Ramírez, tous deux membres de Fuerza Popular. Dans les deux cas, des manœuvres ont été mises en œuvre pour empêcher leur approbation. Même au sein de la Commission des Peuples, des membres de l’opposition ont tenté d’entraver le processus, bien que le projet ait finalement progressé sous la présidence de Ruth Luque.
Conséquences potentielles de l’inaction
Si cette loi n’est pas adoptée, des réserves comme Paracas et la Dorsale de Nasca resteront vulnérables face aux pressions exercées par l’industrie de la pêche, tant nationale qu’étrangère. Cette situation pourrait également compromettre les revenus générés par le tourisme, menaçant ainsi le maintien des activités économiques respectueuses de l’environnement dans ces zones.
Conclusion
Le résultat de la session parlementaire de ce jeudi décidera si la protection des réserves marines sera renforcée ou si le gouvernement réussira à imposer une agenda favorable à des intérêts anti-conservation. La situation demeure délicate, oscillant entre protection environnementale et pression industrielle, et soulève des questions cruciales sur l’avenir des écosystèmes marins péruviens.

