La déroute de la Lunar Gateway
La Lunar Gateway, cette station spatiale lunaire conçue comme une future halte stratégique pour les missions vers notre satellite, traverse une période tumultueuse. Depuis le lancement de sa fabrication, elle a accumulé des retards considérables, culminant aujourd’hui avec l’annonce de son annulation suite à un retrait de financement du gouvernement des États-Unis. Cependant, même après son annulation, la Gateway continue d’attirer l’attention, récemment à cause d’une découverte préoccupante : deux de ses modules, déjà fabriqués et prêts pour le lancement, présentent des signes de corrosion.
Les faits révélateurs
Après l’arrêt du projet initial, la société en charge des modules habitables a sollicité la NASA pour envisager leur réutilisation sur des bases lunaires à venir. Toutefois, Jared Isaacman, administrateur de la NASA, a mis en lumière un problème embarrassant : le métal des deux modules s’est corrodé. Une question cruciale se pose alors : comment ces modules pourront-ils être employés dans un état aussi dégradé ?
Northrop Grumman, l’entreprise responsable, a reconnu le problème de corrosion, mais a rejeté toute responsabilité, pointant du doigt Thales Alenia Space, l’entreprise franco-italienne chargée de la construction de la structure principale.
La réaction de Thales Alenia
Initialement silencieuse face aux accusations, Thales Alenia a finalement reconnu le problème dans un communiqué, se référant à un “comportement métallurgique bien connu”. Ils ont assuré qu’ils prévoyaient de rectifier cette situation d’ici le troisième trimestre de 2026. Ils ont minimisé la gravité de la corrosion, la comparant à des problèmes similaires rencontrés sur des modules de la Station Spatiale Internationale, qui avaient été résolus sans complications par la suite.
La méfiance de la NASA
Cependant, la NASA semble loin d’être convaincue. Jared Isaacman a souligné que si la Lunar Gateway avait été maintenue, ce problème aurait causé un retard de lancement prévu pour 2026, potentiellement jusqu’en 2030. Cela démontre la difficulté à faire confiance à une résolution rapide de ce souci.
Une station maudite
La Gateway a connu de nombreux retards depuis le début de son projet. Initialement, un premier composant devait être lancé en 2022, mais ce lancement a été repoussé à 2024 puis à 2026 en raison de divers obstacles techniques. La pression exercée par le gouvernement Trump et les avancées de la Chine sur la conquête spatiale ont finalement conduit à l’annulation du projet en mars 2026.
Quel avenir pour les missions lunaires ?
En conséquence, les missions Artemis III et d’autres ne dépendront plus de la Lunar Gateway pour l’accompagnement des véhicules vers la Lune. Plutôt que de s’appuyer sur une station lunaire, l’acouplement se fera directement en orbite, sans nécessité d’une station supplémentaire.
Les ambitions de la NASA se concentrent désormais sur la création d’une base lunaire fonctionnelle à partir de 2028. Toutefois, un long chemin reste à parcourir, avec des vérifications prévues en 2027. Les perspectives de recyclage des modules de la Lunar Gateway semblent sombres, laissant Northrop Grumman et Thales Alenia face à un défi monumental.
Avec des problèmes de corrosion fondamentaux et un futur incertain, l’espoir de voir la Lunar Gateway prendre vie s’amenuise de jour en jour.
Sources : NASA, Northrop Grumman, Thales Alenia Space.

