Les week-ends, l’obstacle ne commence pas seulement lorsque quelqu’un tente de visionner un match par une voie non autorisée, mais aussi lorsque des sites parfaitement légitimes ne se chargent pas ou qu’une boutique voit ses ventes diminuer parce que les clients n’ont pas accès à son site. Ce phénomène a été dénoncé par plusieurs entreprises ces derniers mois : les blocages d’IP liés à la stratégie de LaLiga contre les émissions non autorisées touchent souvent des services qui n’ont aucun lien avec ces contenus. Le vrai problème réside donc dans le fait que protéger des droits ne devrait pas nuire à des tiers innocents.

À présent, le Congrès a franchi une première étape pour réguler cette situation. La Commission de l’Économie, du Commerce et de la Transformation Numérique a approuvé le 29 avril 2026 une Proposition de loi non exécutive (PNL) soutenue par ERC, en accord avec le PSOE, demandant plus de proportionnalité dans les blocages d’IP ordonnés par les tribunaux.

En effet, une PNL vise à affirmer une position parlementaire et à formuler une demande au gouvernement. Bien que cela ne change pas immédiatement le cadre légal, c’est un pas significatif dans un débat qui a soulevé des plaintes de nombreuses entreprises et utilisateurs affectés.

Une initiative, plusieurs demandes concrètes

Cette initiative concrétise une idée générale en plusieurs demandes au gouvernement. Le texte formulé repose sur un axe central : éviter que la réponse aux contenus illégaux n’impacte des tiers non concernés. Voici les principales exigences extraites du document :

  • Réviser les protocoles d’exécution des jugements concernant les blocages d’IP afin de préserver les plateformes numériques légitimes et les services essentiels.
  • Créer un mécanisme interministeriel pour évaluer l’impact de ces ordonnances sur les services légitimes et proposer des solutions techniques alternatives.
  • Promouvoir des changements dans la Loi sur les Services Numériques et la Loi sur la Propriété Intellectuelle pour intégrer la proportionnalité technologique et renforcer la responsabilité des titulaires de droits dans le contrôle des contenus illégaux.
  • Protéger les droits à l’information, à la liberté d’expression et à l’innovation sociale numérique, notamment contre des mesures indiscriminées affectant des services gratuits ou d’intérêt public.
  • Engager un dialogue avec les plateformes touchées, des opérateurs, LaLiga et des organismes de protection des droits numériques pour définir de bonnes pratiques.
  • Prendre une position proactive auprès des tribunaux afin que les ordonnances de blocage respectent la proportionnalité et atténuent leur impact sur la population, conformément à la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

Il convient de noter que ce n’est pas une simple déclaration abstraite. Le texte mentionne explicitement les Lois sur les Services Numériques et sur la Propriété Intellectuelle comme cadres pour des réformes visant à introduire cette proportionnalité.

Ce contexte élargit le débat au-delà d’un simple conflit entre LaLiga et ceux cherchant à accéder à des émissions non autorisées. Comme l’explique Xataka, les victimes sont nombreuses : boutiques en ligne d’articles sportifs, services d’agences techniques, communautés numériques, et même des organismes publics comme le Barreau de Séville. Chaque cas est distinct, entraînant des pertes commerciales, des paiements non enregistrés et des utilisateurs incapables d’accéder aux services lorsqu’ils en ont besoin.

Le vote a également peint un tableau politique intéressant. Demócrata rapporte que cette initiative a été adoptée grâce au soutien du PSOE, ERC, Sumar, Bildu, PNV et Compromís, tandis que le PP et Vox ont voté contre et que Junts était absent. Notons que, bien que le PP ait rejeté la PNL, il prévoit de présenter ses propres amendements pour éviter des préjudices aux services légitimes.

Imágenes | Xataka con Nano Bana | LaLiga

En Xataka | LaLiga lleva años en guerra con Cloudflare por la piratería. Acaba de aliarse con su principal competidor.



F1-ES